L'Espagne va demander "une aide financière européenne" à la zone euro

En contrepartie, l'Eurogroupe a demandé à l'Espagne d'assainir son secteur financier.

A la Bourse de Madrid, le 23 avril 2012.
A la Bourse de Madrid, le 23 avril 2012. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

La zone euro envisage un plan d'aide pour Madrid "jusqu'à 100 milliards d'euros", selon une source gouvernementale samedi 9 juin. Conclusion d'une téléconférence des ministres des Finances de l'Eurogroupe sur l'Espagne.

L'Eurogroupe a demandé au gouvernement espagnol "d'assainir le secteur financier" en échange d'une aide à ses banques. Il y a des conditions imposées au gouvernement espagnol, "mais elles ne porteront que sur l'assainissement du secteur financier".

Une source européenne avait expliqué ces derniers jours qu'"une partie de la conditionnalité pourrait concerner la législation bancaire" et notamment "le fait que la législation bancaire est nuisible, avec des prêts personnels à 50 ans".

L'Espagne a demandé officiellement de l'aide

Madrid a demandé de l'aide à l'eurogroupe, condition nécessaire pour débloquer les fonds. "Cet appui financier sera dirigé vers le (fonds public espagnol d'aide au secteur) Frob, et le Frob injectera cet argent dans les banques qui le demandent" explique le ministre des Finances espagnol, lors d'une conférence de presse. Les autorités espagnoles attendent le résultat d'un audit sur la santé des banques, prévu pour le 21 juin, pour évaluer les fonds dont elles ont besoin. 

La semaine passée, Madrid s'était opposé à tout plan d'aide pour le renflouement de ses banques qui impliquerait le Fonds monétaire international (FMI). Mais la promesse que ce plan d'aide aux banques ne s'accompagnerait pas d'un plan d'austérité a enlevé la décision. 

L'Irlande veut un changement des règles du jeu

Après l'Espagne, l'Irlande? Le pays va demander à la zone euro de bénéficier d'un plan d'aide sur le même modèle que celui de l'Espagne, c'est-à-dire sans plan d'austérité en contrepartie.

L'Irlande avait conclu un plan d'aide international avec l'UE et le FMI en novembre 2010, à la suite de l'éclatement de la bulle immobilière de 2008 qui a dévasté son secteur bancaire. Son déficit public avait alors atteint 32% du PIB.Mais à la différence de ce qui s'est passé avec Madrid, l'aide de 85 milliards d'euros de l'Irlande a été assortie de conditions draconiennes.