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L'OMS s'est défendue mardi devant le Conseil de l'Europe d'avoir surestimé le risque lié à la grippe A (H1N1)

L'Organisation mondiale de la santé "n'a pas été indûment influencée par les laboratoires" pharmaceutiques, a déclaré le conseiller spécial de l'OMS sur les pandémies de grippe, Keiji Fukuda.Il s'expliquait à la demande d'un expert médical allemand, pour qui le virus a été qualifié de pandémie sous la pression des laboratoires.
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Le drapeau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (F2)

L'Organisation mondiale de la santé "n'a pas été indûment influencée par les laboratoires" pharmaceutiques, a déclaré le conseiller spécial de l'OMS sur les pandémies de grippe, Keiji Fukuda.

Il s'expliquait à la demande d'un expert médical allemand, pour qui le virus a été qualifié de pandémie sous la pression des laboratoires.

Il s'agit bien d'une pandémie qui est "formellement établie, qui n'est pas achevée" alors que le virus "est présent dans le monde entier", a indiqué Keiji Fukuda devant la commission de la santé de l'assemblée du Conseil de l'Europe. "Un comité d'experts des huit pays les plus exposés, sélectionnés pour leurs compétences individuelles, a estimé à l'unanimité que tous les critères étaient réunis pour déclarer la pandémie" en juin, a-t-il ajouté.

Il s'expliquait à la demande de l'expert médical européen Wolfgang Wodarg, ancien parlementaire de l'APCE, qui avec quelques-uns de ses collègues a demandé en décembre la création d'une commission d'enquête européenne pour évaluer "la menace des fausses pandémies pour la santé".

Selon ce député socialiste allemand et épidémiologiste, le virus H1N1 a été qualifié faussement de pandémie "sous la pression de laboratoires". Il voulait savoir sur quelles bases scientifiques l'OMS avait décrété qu'on avait affaire à une pandémie. "Les laboratoires n'attendaient que cela alors que la maladie était relativement peu sévère", a-t-il affirmé estimant que les fabricants de vaccins en attendaient "des recettes juteuses". Il les a accusés d'avoir "utilisé des substances aux effets mal connus" faisant courir d'éventuels risques de santé aux personnes vaccinées.

Les laboratoires "ont incité à gaspiller des ressources destinées aux soins de santé en faveur de stratégies de vaccination inefficaces", estime-t-il. Il pense que le Conseil de l'Europe devrait demander "une enquête sur les conséquences du déclenchement de la pandémie et sa prise en charge aux niveaux nationaux et européen".

Le docteur Luc Hessel, représentant le groupement des fabricants européens de vaccins, qui s'exprimait aussi devant le Conseil de l'Europe, a rejeté les accusations de Wolfgang Wodarg. "Nous avons effectué les tests de façon rigoureuse, rapidement mais sans précipitation, en profitant des dernières avancées technologiques", a-t-il affirmé. "Sur 38 millions de personnes vaccinées en Europe, les problèmes constatés sont qualifiés "de faible à modéré", a-t-il poursuivi.

Le Parisien dénonce la collusion entre l'OMS et les labos
Le quotidien fait état lundi de collusion entre des membres de l'Organisation mondiale de la santé et des laboratoires pharmaceutiques.

Le Parisien publie lundi une enquête selon laquelle les "liens d'intérêts" entre six experts de l'OMS et des firmes pharmaceutiques "sont avérés". Ces chercheurs et médecins sont rémunérés par des laboratoires et n'en font pas un secret, souligne le journal. "Même s'ils affirment leur indépendance, leurs relations avec les laboratoires entretiennent les soupçons sur l'impartialité de leurs décisions au sein de l'OMS ", écrit Le Parisien.

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