Jacques Delors invite les Britanniques à quitter l'UE

"Les Britanniques s'intéressent seulement à leurs intérêts économiques, à rien de plus", juge l'ancien président de la Commission européenne.

Jacques Delors, lors d\'une conférence sur la compétitivité au ministère de l\'Economie, à Paris, le 6 novembre 2012.
Jacques Delors, lors d'une conférence sur la compétitivité au ministère de l'Economie, à Paris, le 6 novembre 2012. (ERIC PIERMONT / AFP)

"Les Britanniques s'intéressent seulement à leurs intérêts économiques, à rien de plus. On pourrait leur proposer une autre forme de partenariat", estime Jacques Delors. Dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt, vendredi 28 décembre, l'ex-président de la Commission européenne suggère au Royaume-Uni, hostile à plus d'intégration européenne, de quitter l'Union européenne (UE) et d'opter pour une autre forme de partenariat avec le Vieux Continent.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, qui subit les pressions des "eurosceptiques" de son parti conservateur, a déclaré le mois dernier qu'il soutenait l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE. Mais il veut "un nouvel accord" qui comporte une procédure de non-participation sur des problèmes-clé.

Les Européens agacés

Jacques Delors plaide par ailleurs avec insistance pour davantage d'intégration politique au sein de l'UE. Comme possibles partenariats avec le Royaume-Uni, il cite "une forme comme celle de l'espace économique européen" ou "un accord de libre-échange".

Dans un entretien publié jeudi dans le Guardian (en anglais), le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a été contraint de monter au créneau. Il a averti que ces tentatives de récupérer des pouvoirs aux dépends de l'Europe pourraient mettre l'UE en danger. "Si chaque Etat-membre avait la possibilité de trier dans les politiques actuelles pour prendre celles qu'il préfère et rejeter celles qu'il aime le moins, l'Union en général et le marché unique en particulier se déliteraient rapidement", a-t-il affirmé, exprimant ainsi l'agacement de nombreux Européens.