Génocide arménien : campagne dans la presse avant l'examen au Sénat

La Turquie redouble d'efforts pour convaincre la France de rejeter une loi pénalisant la négation du génocide arménien. Des manifestations ont eu lieu à Paris et à Ankara. Le Comité de Coordination des associations franco-turques de France a publié une lettre ouverte dans plusieurs journaux ce week-end pour dire "qu'il est immoral d'instrumentaliser une tragédie historique à des fins politiques".

Franceinfo
Franceinfo (Franceinfo)

Au moins 15.000 Turcs ont défilé dans les rues de Paris aujourd'hui pour s'opposer une nouvelle fois à la loi pénalisant la négation de génocide. Cette loi doit être votée lundi au Sénat.
A deux jours de l'examen par les sénateurs de cette proposition de loi sanctionnant la négation des génocides, Nicolas Sarkozy a invité la Turquie à faire prévaloir le dialogue et la raison à propos d'un texte qui, assure-t-il, ne vise "nullement un peuple ou un Etat en particulier ".

A Ankara, le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a appelé les sénateurs français à rejeter ce texte dont le vote, le mois dernier à l'Assemblée nationale, avait provoqué la fureur de la Turquie.
Même si elle ne désigne pas de pays en particulier, la proposition de loi vise clairement la Turquie pour le massacre d'un million et demi d'Arméniens en 1915, qu'Ankara n'a cessé de contester depuis.
 
En attendant lundi, les Turcs et les Arméniens intensifient leur campagne de lobbying, et ce week-end chaque camp utilise un nouveau biais pour contrer la campagne de désinformation dont il s'estime victime :
les communautés publient un encart publicitaire dans les quotidiens "Le Monde" ou "Libération".