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François Hollande, le président «mystère» pour «The Economist»

«Plus François Hollande s’active sur la scène mondiale, moins il attire les électeurs». Non, décidemment, le prestigieux hebdomadaire britannique «The Economist» ne comprend pas…
Article rédigé par Laurent Ribadeau Dumas
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
François Hollande naviguant près du porte-avions Charles de Gaulle dans la rade de Toulon le 27 juillet 2015 (AFP - Jean-Paul PELISSIER)

«Au pouvoir, M.Hollande a mené une politique étrangère plutôt constante, bien plus constante que sa politique intérieure», explique The Economist en date du 25 juin 2015. Et de citer la préparation de la Conférence sur le climat, prévu en décembre à Paris ; la ligne très ferme du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans les négociations sur le nucléaire iranien ; l’activisme de la diplomatie française dans le Golfe, qui a permis à la France d’y vendre des Rafale… Ou le rôle de Paris dans les négociations avec la Grèce.

De plus, «la France, avec la Grande-Bretagne, reste l’une des deux puissances militaires de poids en Europe, chacune consacrant 2% de son PIB à la défense, l’objectif fixé par l’Otan», poursuit The Economist. Et Paris «n’hésite pas à utiliser sa puissance de feu» au Mali contre les djihadistes, ou en Centrafrique. Sans parler de sa fermeté face à la Syrie. D’une manière générale, les Français «montrent un rare mélange de politique musclée et de capacité à agir».

«Anecdotique»
Mais voilà. Pour l’hebdomadaire, il existe un véritable «mystère» : pourquoi François Hollande n’arrive-t-il pas à capitaliser sur sa politique étrangère ? Il souligne qu’au cours de son interview télévisée du 14 juillet 2015, il a bien essayé de le faire, mais que cette tentative est apparue «anecdotique» («fanciful»). Rien n’y fait. Pour les Etats-Unis, le poids-lourd de l’Europe, c’est la chancelière allemande Angela Merkel.

Il faut en chercher les raisons dans sa «recherche instinctive du consensus et sa discrétion», pense The Economist. Mais aussi dans «les faibles résultats de sa politique économique». «Ce qui permet, à plus long terme, de se demander si la France peut poursuivre son audacieuse politique étrangère.»
 
Le drame du président français est «l’espèce d’indifférence» qu’il suscite, constate l’universitaire français, Laurent Bouvet, cité par The Economist. Celui-ci évoque de Gaulle, qui fut «révéré par certains, détesté par d’autres». Pour Hollande, c’est loin d’être le cas : «Beaucoup de Français semblent insensibles» à son action, quoiqu’il fasse.    

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