Espagne. Adoption pour 2013 d'un budget d'austérité record

Les prestations chômage vont être réduites et la TVA va augmenter.

Un homme tient une chandelle pour protester contre le budget d\'austérité adopté pour 2013, à Madrid (Espagne), le 20 décembre 2013.
Un homme tient une chandelle pour protester contre le budget d'austérité adopté pour 2013, à Madrid (Espagne), le 20 décembre 2013. (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)

Les députés espagnols ont approuvé, jeudi 20 décembre, le budget 2013 de l'Espagne. Il est marqué par une austérité sans précédent et des économies d'un montant de 39 milliards d'euros. Dans un climat social plombé par un taux de chômage supérieur à 25% et une pauvreté galopante, ce budget vise à redresser les comptes publics de la quatrième économie de la zone euro.

Parmi les économies prévues, les prestations chômage baisseront de 6,3%, tandis que l'Etat attend des rentrées fiscales supplémentaires, tirées notamment de la hausse de la TVA, d'un montant de 15 milliards d'euros. Les budgets des ministères seront réduits en moyenne de 8,9%, celui de l'Industrie chutant de 21,3%, celui de l'Agriculture de 25,4%, celui de l'Education, de la Culture et des Sports de 17,2%. 

"2013 sera une année difficile, mais sera l'année de la stabilisation de notre économie",  a promis cette semaine le chef du gouvernement de droite, Mariano Rajoy. Ce budget entre dans le cadre d'un plan dicté à l'Espagne par l'Union européenne prévoyant 150 milliards d'euros d'économies jusqu'en 2014 afin de réduire un déficit public qui a dérapé jusqu'à 9,4% du PIB en 2011. En 2012, l'objectif est de 6,3%, un chiffre qu'il devrait être "compliqué" d'atteindre, a admis le gouvernement, puis de 4,5% en 2013 et de 2,8% en 2014.

Près de 12,7 millions de personnes en danger de pauvreté

Le budget 2013 a été accueillie dans la soirée à Madrid,la capitale, par un "cortège funèbre" de la mouvance des "indignés", pour dénoncer "le budget de la faim et de la misère". Des centaines de manifestants, portant pour certains des bougies ou vêtus de noir, ont défilé vers le Congrès, la Chambre basse du Parlement, aux cris de : "les prochaines coupes se feront à la guillotine !" et avec des pancartes réclamant "justice".

Toutes les organisations humanitaires s'alarment : 12,7 millions de personnes sont en danger de pauvreté dans ce pays de 47 millions d'habitants, selon une récente étude européenne. Un chiffre qui pourrait grimper à 18 millions, presque 40% de la population, dans dix ans, affirme un rapport de plusieurs ONG.