Dans les années 1980, Ikea a fait travailler des prisonniers politiques d'Allemagne de l'Est

Le fabricant suédois a fait son mea culpa après avoir reconnu que certains de ses meubles avait été fabriqués grâce au travail forcé.

Le magasin Ikea de Lomme (Nord), le 29 février 2012.
Le magasin Ikea de Lomme (Nord), le 29 février 2012. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

SOCIETE - Après avoir lu cet article, vous regarderez peut-être votre vieille table basse Ikea d'un autre œil. Le fabricant de meubles suédois a reconnu vendredi 16 novembre avoir eu recours, dans les années 1980, au travail forcé de prisonniers politiques d'Allemagne de l'Est, alors sous domination communiste, pour fabriquer certains de ses produits.

Selon des articles parus récemment dans la presse allemande, de telles pratiques avaient cours en République démocratique allemande (RDA) jusqu'en 1989. Pour vérifier ces informations, Ikea a confié une enquête au cabinet de conseil indépendant Ernst & Young.

Des associations réclament une indemnisation

Celui-ci a non seulement démontré que certains meubles avaient bien été fabriqués par des prisonniers politiques, mais en outre que les représentants d'Ikea étaient au courant qu'existait cette possibilité.

Le groupe nie catégoriquement avoir fermé les yeux. "La société avait pris des mesures pour s'assurer que des prisonniers n'étaient pas utilisés, mais il est maintenant clair que ces mesures n'étaient pas suffisamment efficaces", a expliqué Ikea.

L'Union des organisations allemandes de victimes de la tyrannie communiste (UOKG) et les diverses associations de victimes de la RDA réclament la création d'un fonds d'indemnisation pour les anciens travailleurs forcés. Le groupe Ikea leur a d'ores et déjà présenté ses excuses.