Panneaux en allemand à Colmar : "Il ne faut pas confondre le nazisme avec la culture allemande", se défend le maire

À Colmar, des panneaux de noms de rue traduits en allemand suscitent la polémique. Le maire de la ville estime mercredi que "cela correspond à l'histoire de" la "région" avec notamment "15 siècles de bilinguisme".
Article rédigé par France Info - avec France Bleu Alsace
Radio France
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Des plaques de rue traduites en allemand à Colmar. (GUILLAUME CHHUM / RADIOFRANCE)

"Il ne faut pas non plus confondre le nazisme avec la culture allemande", estime le maire (LR) de Colmar Eric Straumann, réagissant à la polémique autour des noms de rues à Colmar, traduits pour certains en allemand. Il était l'invité de France Bleu Alsace mercredi 29 novembre. L’initiative de la municipalité de traduire certains panneaux en allemand divise les Colmariens, mais le maire Eric Straumann rappelle qu'il "y a déjà des rues de Colmar qui ont un intitulé purement allemand. Ça correspond à l’histoire de notre région : 15 siècles de bilinguisme et de présence de l’allemand sur notre territoire et ce n’est pas propre à Colmar, la place de la République à Strasbourg aussi par exemple".

Cette initiative a été annoncée en 2020 par le maire. La réflexion a ensuite été lancée en 2021, elle a duré deux ans. La décision de traduire les panneaux "a été prise par une commission interne", précise-t-il. "Je comprends parfaitement que c’est un sujet sensible. L’Alsace a beaucoup souffert durant la dernière guerre. Certains le ressentent encore aujourd’hui dans leur chair, reconnaît l'édile. Mais il faut également le surmonter, ça fait partie de notre histoire et il ne faut pas non plus confondre le nazisme avec la culture allemande, avec la langue allemande. Il faut aujourd’hui aller de l’avant".

"Sauver" le bilinguisme 

L'initiative est destinée selon le maire à "sauver le bilinguisme". "Cela a déjà été fait par le passé. On a maintenu l’orthographe allemande pour rendre ça compréhensible dans les nouveaux quartiers où on a des habitants qui ne pratiquent plus l’alsacien. L’idée, c’est qu’on garde quand même un minimum de bilinguisme dans notre ville qui est à 15 km de la frontière allemande parce que si on ne pratique plus un minimum de bilinguisme chez nous, où est-ce qu’on va le faire ? C’est bien dommage de perdre cet élément de la culture". Et il conclut : "Aujourd’hui l’alsacien malheureusement ne s’enseigne plus", une traduction en allemand permet d’être "dans ce bain de bilinguisme".

Le maire de Colmar promet de constituer une commission. "On va regarder ça de manière apaisée, c’est simplement une incompréhension pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de notre région". L’édile envisage aussi d’organiser une votation citoyenne. Il y a, à Colmar, une douzaine de plaques en allemand et moins d'une dizaine en alsacien, précise France Bleu Alsace.

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