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Allemagne, l'autre pays des grèves ?

Toujours présentée comme un exemple social, l'Allemagne connaît pourtant elle aussi des grèves et des conflits sociaux. Dernier exemple en date, la compagnie Lufthansa était paralysée le 22 avril par une grève de ses salariés.
Article rédigé par Pierre Magnan
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Grève dans les chemins de fer allemands, en février 2013. (AFP/THOMAS WIECK / DDP / AFP)

Les avions de la première compagnie aérienne européenne étaient presque tous immobilisés en raison d'un vaste mouvement de grève de son personnel au sol qui réclame des hausses de salaires.

Il s'agit d'une grève dite «d'avertissement» lancée pour une seule journée par le puissant syndicat du secteur des services allemand Verdi, dans le cadre de négociations salariales annuelles houleuses. Fin mars, une première grève d'avertissement avait déjà obligé Lufthansa à annuler quelque 700 vols.

Verdi réclame une hausse de salaire de 5,2% sur douze mois pour les quelque 33.000 salariés de Lufthansa en Allemagne et demande des garanties sur l'emploi. Or, selon le syndicat, au terme d'une troisième séance de négociations, Lufthansa n'a proposé qu'entre 0,4 et 0,6% d'augmentation.

Deutsche Post et Amazon
Le 17 avril, quelque 3.400 salariés de la poste allemande, Deutsche Post, étaient eux aussi en grève d'avertissement sur fond de  négociations salariales. La grève avait bloqué la livraison de plus de deux millions de courriers, selon leur syndicat Verdi. Là, le syndicat réclame une hausse salariale de 6% et de 140 euros minimum par mois.

Les grèves ne touchent pas que les ex-entreprises publiques. Environ 500 salariés d'Amazon avaient manifesté le 9 avril sur le plus gros site allemand du géant de la distribution en ligne, selon Verdi, qui se bat pour de meilleures conditions de travail et prépare des grèves sur plusieurs sites dans le pays. Amazon paie, selon ses dires, un salaire horaire de 9,30 euros la première année, puis plus de 10 euros ensuite. A Leipzig, Verdi réclame un salaire plancher de 10,66 euros de l'heure.

130.000 grévistes à la Deustche Bahn     
En février 2013, Amazon avait défrayé la chronique après un reportage diffusé sur la chaîne de télévision publique ARD sur les conditions de travail à Bad Hersfeld. Le reportage montrait les contrôles tâtillons auxquels étaient soumis, notamment, les intérimaires employés par la société. Ces contrôles étaient le fait d'une société de surveillance, avec laquelle Amazon a depuis cessé de faire affaire.

Après une semaine de grève en mars, les 130.000 employés de la compagnie ferroviaire allemande Deustche Bahn vont bénéficier d'une hausse de 3% de leurs salaires en mai. Une autre augmentation est prévue en avril 2014. «C'est un résultat acceptable», a commenté dans un communiqué séparé le syndicat des cheminots EVG, qui réclamait au départ une hausse de 6,5% des salaires.

Sur les dernières années, l'Allemagne a été un des pays européens qui a connu le moins de journées de grève. La puissance des syndicats oblige en général les entreprises à prendre en compte une partie des revendications des salariés. La cogestion empêche aussi une partie de la conflictualité qui touche davantage les pays du sud de l'Europe. La situation pourrait évoluer avec les bons résultats des entreprises, si les syndicats estiment ne pas suffisamment bénéficier de cette bonne santé.

Ces grèves interviennent alors que l'idée de la création d'un SMIC en Allemagne est portée par l'opposition sociale-démocrate.

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