La NSA ne veut pas de téléphones portables inviolables

Le patron de l'agence de renseignement américaine dénonce un "problème de sécurité nationale", alors que des grands noms d'internet planchent sur des modèles de téléphones cryptés.

Le patron de la NSA, l\'agence de renseignement américaine, s\'est opposé, le 23 février 2015, à la commercialisation de téléphones portables inviolables (photo d\'illustration).
Le patron de la NSA, l'agence de renseignement américaine, s'est opposé, le 23 février 2015, à la commercialisation de téléphones portables inviolables (photo d'illustration). (GIPHOTOSTOCK / CULTURA CREATIVE / AFP)

Pour les deux agences américaines, il s'agit-là d'un "vrai problème de sécurité nationale". Le FBI et la NSA veulent empêcher les géants d'internet, comme Apple ou Google, de mettre sur le marché des téléphones cryptés inviolables, invoquant le risque que ces mobiles soient utilisés à des fins terroristes ou criminelles.

Non, il ne faut pas laisser l'industrie commercialiser des téléphones dont seul l'utilisateur détiendrait la clef d'accès aux données (numéros, photos, messages...), a affirmé Mike Rogers, le patron de la NSA, lundi 23 février, devant un parterre d'experts en cybersécurité réunis en colloque à Washington (Etats-Unis).

Les géants du net face à l'affaire Snowden

Le souhait de l'amiral Rogers intervient au moment où l'agence fait face à de nouvelles révélations sur l'ampleur de sa surveillance électronique. Vendredi, le site d'investigation The Intercept (en anglais), annonçait que la NSA avait mis en place un programme pour dérober les clés de cryptage des cartes SIM, produites par des acteurs majeurs du secteur, comme Gemalto.

Depuis l'affaire Snowden, les géants d'internet ont multiplié les annonces sur des renforcements du cryptage des communications. Apple et Google proposent notamment de donner à l'utilisateur seul la clef de cryptage de son téléphone, sans que le constructeur n'y ait plus accès.

La NSA réclame un "cadre légal"

Reprenant les inquiétudes de son homologue du FBI, l'amiral Rogers espère qu'un compromis puisse être trouvé avec l'industrie, pour qu'un "cadre légal" soit mis en place, et permette à la police ou aux agences de renseignement d'accéder aux données du portable d'une personne visée par une procédure judiciaire, par exemple.

Prévoir une "porte dérobée" pour permettre à une autorité publique de rentrer dans les données revient à laisser planer un doute sur la sécurité de celle-ci, estiment cependant de nombreux experts. Une approche du "tout ou rien" que l'amiral Rogers appelle à dépasser, en évoquant la nécessité d'un "dialogue national" sur le sujet.