La NSA construit un superordinateur pour percer tous les cryptages

Cet ordinateur quantique exploiterait les propriétés étranges des atomes et particules, dont la taille infime leur permet de déroger aux règles de la physique classique.

Selon les experts, il est encore bien trop tôt pour dire quand un ordinateur quantique opérationnel pourra voir le jour.
Selon les experts, il est encore bien trop tôt pour dire quand un ordinateur quantique opérationnel pourra voir le jour. (SPACES IMAGES / BLEND IMAGES RM / GETTY IMAGES)

C'est une nouvelle révélation des documents divulgués par l'ancien consultant Edward Snowden, sur l'espionnage américain. L'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) cherche à créer un "ordinateur quantique" à même de décrypter presque n'importe quel code de sécurité, rapporte le Washington Post jeudi 2 janvier.

Selon ces documents, la NSA investit dans la conception d'un ordinateur d'une puissance de calcul telle qu'il lui permettrait de briser rapidement des codes informatiques protégeant des secrets bancaires, médicaux, des informations gouvernementales ou du monde des affaires.

Les experts sceptiques

Cet ordinateur quantique exploiterait les propriétés étranges des atomes et particules, dont la taille infime leur permet de déroger aux règles de la physique classique. Dans un ordinateur classique, l'information stockée dans un "bit" est ainsi nécessairement binaire : elle ne peut être que 1 ou 0. Un bit quantique, lui, serait les deux à la fois. Une faculté qui laisse espérer des vitesses de calcul phénoménales, capables de "casser" les codes de sécurité classiques les plus complexes.

Selon les experts, il est encore bien trop tôt pour dire quand un ordinateur quantique opérationnel pourra voir le jour et beaucoup doutent que la NSA soit sur le point de réussir toute seule dans son coin. "Il semble peu probable que la NSA soit si en avance par rapport aux entreprises civiles sans que personne ne le sache", a ainsi noté Scott Aaronson, de l'Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), dans le Washington Post.