Catalogne : jusqu'à 25 ans de prison requis contre les dirigeants indépendantistes

La date du procès n'a pas été encore fixée mais son ouverture est attendue début 2019.

De droite à gauche : Carles Puigdemont, Oriol Junqueras, Jordi Turull et Raul Romeva, au Parlement catalan, le 27 octobre 2017. 
De droite à gauche : Carles Puigdemont, Oriol Junqueras, Jordi Turull et Raul Romeva, au Parlement catalan, le 27 octobre 2017.  (LLUIS GENE / AFP)

Le parquet espagnol a requis, vendredi 2 novembre, de sept à vingt-cinq ans de prison à l'encontre de douze dirigeants indépendantistes devant être jugés prochainement pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017. La peine la plus élevée, 25 ans de prison et inéligibilité pour "rébellion" et "détournement de fonds publics", a été requise contre l'ancien vice-président de la région, l'indépendantiste de gauche Oriol Junqueras.

Des peines de 17 ans ont été par ailleurs requises contre l'ancien présidente du Parlement régional catalan Carme Forcadell et contre les anciens présidents de puissantes associations indépendantistes catalans Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, tous les trois incarcérés comme Oriol Junqueras. La date du procès n'a pas été encore fixée mais son ouverture est attendue début 2019.

L'usage de la violence en question

Selon le ministère public, "le plan sécessionniste [des dirigeants catalans] envisageait l'utilisation de tous les moyens nécessaires pour atteindre leur objectif, y compris – puisqu'ils avaient la certitude que l'Etat n'allait pas accepter la situation – la violence nécessaire pour s'assurer du résultat criminel visé".

L'usage de la violence pendant le processus indépendantiste en Catalogne est cependant contesté en Espagne, bien au delà du camp indépendantiste, par un large éventail de témoins ainsi que d'éminents juristes. 

En droit espagnol, sont coupables de rébellion ceux qui "se soulèvent de manière violente et publiquement" notamment pour "déroger à la Constitution, la suspendre ou la modifier" ou "déclarer l'indépendance d'une partie du territoire".