Elections en Espagne : la droite perd la majorité absolue, percée de Podemos, incertitude sur la coalition qui formera un gouvernement

Le parti populaire obtient 122 sièges, loin de la majorité absolue. Podemos est la troisième force politique, derrière les socialistes. C'est la fin du bipartisme. 

Le leader du parti anti-austérité Podemos, Pablo Iglesias, vote dans un bureau de Madrid pour les élections législatives, le 20 décembre 2015.
Le leader du parti anti-austérité Podemos, Pablo Iglesias, vote dans un bureau de Madrid pour les élections législatives, le 20 décembre 2015. (ANDREA COMAS / REUTERS)
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Pierre GodonFrance Télévisions

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Ce qu'il faut savoir

Casse-tête en Espagne après les élections législatives, dimanche 20 décembre. Comme l'annonçaient les sondages, les conservateurs du Parti populaire sont arrivés premiers. Mais le PP, au pouvoir, est très loin la majorité absolue, avec 122 sièges quand il en faut 175, selon les résultats officiels publiés dimanche vers 23h45 et portant sur la quasi totalité des voix. Il ne pourra pas gouverner seul. Le parti socialiste arrive deuxième avec 91 sièges. Le parti anti-austérité Podemos effectue une forte percée et talonne en voix avec les socialistes, mais à cause du système électoral, n'obtient que 69 députés. Les centristes libéraux de Ciudadanos occuperont quant à eux 40 sièges.

Les tractations s'annoncent difficiles pour former un gouvernement. Le parti populaire revendique la victoire mais n'a pas la majorité absolue. L'idée de former une coalition socialistes-Podemos avec les petits partis catalans est envisageable sur le papier. Mais une réforme constitutionnelle autorisant la Catalogne à devenir indépendante ne passerait pas au Parlement ; le PP et Ciudadanos, résolument contre, ont une minorité de blocage. Ce qui pourrait dissuader les partis régionalistes de se joindre à une majorité de gauche. Pour compliquer le tout, les dirigeants de Ciudadanos ont annoncé qu'ils ne soutiendront ni Mariano Rajoy (PP) ni Pedro Sanchez (PSOE) pour devenir premier ministre. 

La fin du bipartisme. La percée de Podemos et Ciudadanos met en tous cas fin au bipartisme qui règne en Espagne depuis la fin de la dictature franquiste dans les années 1970. "Nous entrons dans une nouvelle ère pour notre pays", a déclaré le numéro deux de Podemos, Inigo Errejon, devant ses partisans lors d'un discours retransmis à la télévision.

Cinq années de crise. Près de 36 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans un pays traumatisé par cinq ans de crise et où encore un actif sur cinq est au chômage malgré la reprise économique qui a démarré fin 2013. Ce sera le principal défi du prochain gouvernement. 

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #ESPAGNE

23h56 : On résume les résultats quasi-définitifs (99,2% des bulletins dépouillés) :

• en tête, le Parti populaire, avec 122 sièges, rate nettement la majorité absolue (176).

• le PSOE termine 2e, grâce à la loi électorale qui favorise les campagnes, et décroche 91 sièges.

• Podemos, qui a presque autant de voix que les socialistes, obtient 69 sièges.

• Petite déception pour le parti centriste Ciudadanos, qui obtient 40 sièges, en-dessous de ce que lui prédisaient les sondages.

23h50 : Pour Pedro Sanchez, leader des socialistes, les électeurs ont voté "pour la gauche et pour le changement". Ou comment tourner à son avantage une défaite historique pour son parti, pas si mal placé pour organiser une coalition.

23h41 : "Une nouvelle Espagne est née qui met fin au système de l'alternance entre PP et PSOE."

23h40 : J'espère que la cafetière tourne toujours car la nuit va être longue pour avoir les derniers résultats en Espagne. ;D

23h37 : Le ministère de l'Intérieur continue d'afficher la progression du dépouillement avec un rythme d'escargot asthmatique. Voilà comment je vis le fait que les bulletins dépouillés sont passés de 95 à 98,5% en trente minutes...





23h35 : @anonyme Sur le papier, c'est ce qui tiendrait mieux la route. Mais pour le PSOE, cela reviendrait à un suicide politique. Et le parti a réalisé le pire score de son histoire ce soir.

23h34 : La seule solution viable semble être la grande coalition PP et PSOE Qu'en pensez vous ?

23h11 : Ah, je viens de trouver LE tweet qui résume les élections espagnoles : "c'est très simple : les premiers ont perdu, les troisièmes ont gagné, et les seconds pourraient avoir le premier ministre".

23h08 : Les dirigeants de Ciudadanos confirment qu'ils ne soutiendront ni Mariano Rajoy (PP) ni Pedro Sanchez (PSOE) pour devenir premier ministre. Ce qui complique encore un peu plus l'équation de l'éventuelle coalition.

23h04 : Les supporters de Podemos ne sont pas couchés : ils se massent très nombreux sur la place de la Reine Sophie, à Madrid. Le mouvement propose à ses supporters coincés chez eux un streaming pour communier (virtuellement) avec eux.

22h52 : A noter que le (minuscule) parti "Mort au système" enregistre un lourd revers électoral :-)

22h50 : L'idée de former une coalition PSOE-Podemos + petits partis catalans, sur le papier envisageable, se complique quand on pense qu'une réforme constitutionnelle autorisant la Catalogne à devenir indépendante ne passerait pas au Parlement. Le PP et Ciudadanos, résolument contre, ont une minorité de blocage, note un journaliste du Guardian.

22h41 : 89,72% des bulletins ont été dépouillés selon le ministère de l'Intérieur. Si le quarté gagnant ne changera pas (1 - PP, 2- PSOE, 3- Podemos, 4- Ciudadanos), la question est de connaître leur nombre de sièges, qui peut tout changer pour une éventuelle coalition.

22h40 : Les résultats doivent être connus maintenant en Espagne

22h12 : @anonyme On en est à 75% des bulletins dépouillés. Le PP en tête avec 124 sièges, devant le PSOE 94, Podemos en compte 68 et Ciudadanos 36. Mais cela peut encore bouger à la marge.

22h11 : Que donnent les dernières estimations ?

22h01 : On voit nettement sur la carte des résultats de Barcelone que la ville est nettement violette, couleur de Podemos.

21h56 : Petite précision, sur le site du ministère de l'intérieur, pour avoir le total de Podemos, il faut additionner 4 listes (PODEMOS, EN COMÚ PODEM, COMPROMÍS-PODEMOS-ÉS EL MOMENT et EN MAREA).

21h51 : @anonyme Vous êtes peut-être sur le site du ministère de l'Intérieur ? Une petite moitié des bulletins ont été dépouillés, plutôt dans les régions rurales, qui sont restées fidèles au bipartisme. Attendons que tous les bulletins sont dépouillés : Podemos et Ciudadanos sont sensés réaliser de meilleurs scores dans les grandes villes.

21h49 : Je suis sur un site où je suis les résultats en direct et Podemos n'est donné qu'à 12% à égalité avec Ciudadanos ? Il y a t-il un écart conséquent entre les sondages sortis des urnes et les urnes ou il y a t-il une autre raison à cela ?

21h44 : Voici l'information essentielle de la soirée électorale, la preuve que les deux partis de gauche sont irréconciliables :-)

21h42 : C'est moins la fête au PSOE, qui obtient le pire score de son histoire.






(REUTERS)

21h40 : Les supporters de Podemos sont aux anges.







(PEDRO ARMESTRE / AFP)

21h33 : Le (juvénile) porte-parole de Podemos, Iñigo Errejón, annonce que "l'Espagne a déjà changé. : le bipartisme fait déjà partie du passé"

21h31 : @anonyme A brève échéance, c'est peu probable. D'abord car son parti est arrivé en tête, et peut essayer de bâtir une coalition - peut-être que les résultats définitifs seront un peu plus favorables que les sondages sortis des urnes. Ensuite, il pourra arguer que le Parlement est ingouvernable et appeler à de nouvelles élections.

21h29 : Au vu des résultats, Rajoy va-t-il annoncer sa démission ?

21h19 : Intéressante carte du site El Espanol qui détaille la couleur politique de chaque région espagnole.

21h16 : @clement-71 Le parti perdrait deux tiers de ses sièges, passant de 11 à 4 députés seulement.

21h16 : Outre Podemos, quel est le score de Izquierda Unida, la formation "historiques" de la gauche radicale ?

21h10 : Grosse ambiance en revanche au QG des supporters de Podemos, qui se sont rassemblés sur une place madrilène.

21h00 : D'après cette journaliste, peu de militants se sont déplacés au siège du PP, où ne règne pas une ambiance de fête. Et ce malgré une sirupeuse musique de Noël crachée par les hauts-parleurs.

20h59 : "Le parti populaire est la principale force politique, et celle choisie par les électeurs", réaffirme Pablo Casado, un ténor du PP. Un voeux pieux ?

20h57 : C'est aussi le pire score des deux partis historiques de l'Espagne, qui passent pour la première fois sous les 50%, tweete un journaliste du Guardian.

20h55 : Si les résultats se confirment, le PSOE ferait son pire score de son histoire avec environ 80 députés.

20h51 : Enfin Podemos donne un coup de pied dans ce bipartisme!

20h51 : Quelle chance en Espagne, pas de FN !

20h50 : A quand un parti similaire à Ciudadanos en France ?