Plus nous attendons, plus le changement climatique coûtera cher

"Le monde doit agir plus vite pour maintenir le réchauffement climatique dans les limites globalement admises", avertit le Giec dans un rapport publié dimanche.

La Terre vue de l\'espace par un instrument de la Nasa, l\'agence spatiale américaine, le 4 janvier 2012.
La Terre vue de l'espace par un instrument de la Nasa, l'agence spatiale américaine, le 4 janvier 2012. ( NASA)
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Le réchauffement climatique va coûter cher. Et encore plus si on attend avant d'agir. C'est le message adressé, dimanche 13 avril, par le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) dans le troisième et dernier volet de son cinquième rapport.

L'étude du Giec estime que la communauté internationale a les moyens d'assurer le passage de l'énergie fossile aux énergies renouvelables comme l'éolien, le solaire ou le nucléaire. Cette transition ne retirerait selon le Giec que 0,06 point de pourcentage par an à la croissance économique mondiale.

"Cela vaut la peine de payer"

"Nous avons une fenêtre d'opportunité dans la prochaine décennie, au maximum dans les deux prochaines décennies", pour agir à moindre coût, a déclaré Ottmar Edenhofer, qui a coprésidé une réunion à Berlin du groupe d'experts de l'Onu. "Je ne dis pas que cela ne coûtera rien. Je ne dis pas que la politique climatique est gratuite, mais cela vaut la peine de payer", a-t-il plaidé.

"Le monde doit agir plus vite pour maintenir le réchauffement climatique dans les limites globalement admises ou il sera contraint de s'en remettre à des solutions technologiques coûteuses et encore aléatoire", estime le Giec.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% à 70%

Le rapport du Giec, approuvé par les gouvernements, doit servir de document scientifique de référence. Il devrait être utilisé par les pays qui négocient un accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre en vue de la conférence de Paris sur le climat, fin 2015.

Les gouvernements ont promis de limiter la hausse des températures à un maximum de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle pour éviter une multiplication d'événements climatiques extrêmes. Toutefois, l'organisme calcule que pour remplir un tel objectif, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre chutent de 40 à 70% par rapport à leurs niveaux de 2010 d'ici à 2050. Autrement dit, elles devraient être proches de zéro d'ici 2100.

De telles baisses sont bien plus importantes que celles programmées par les gouvernements. Mais le Giec insiste et souligne que retarder ces mesures ne fera qu'obliger le monde à recourir à des solutions techniques encore peu éprouvées. "On ne peut pas s'amuser à attendre en pariant sur des miracles technologiques qui surgiront pour nous sauver la mise", a déclaré Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique.

Capturer le CO2

L'une des méthodes mentionnées par le Giec consisterait à brûler du bois, des récoltes, de la biomasse en général. Objectif : produire de l'électricité tout en capturant les gaz à effet de serre dans les fumées et les enfouir sous terre.

Cette technologie encore à l'étude permettrait de réduire la quantité de charbon dans le cycle naturel de croissance et de pourrissement des végétaux. Mais cela n'est pas sans risques. Cette méthode nécessite de vastes surfaces pour faire pousser la biomasse, ce qui pourrait provoquer une poussée des prix alimentaires.

La part des énergies à faible émission de carbone représentait 17% des énergies utilisées dans le monde en 2010. Les experts du Giec jugent qu'elle devra tripler ou quadrupler d'ici 2050 pour prendre le pas sur les énergies fossiles. Ces énergies à faible émission peuvent englober les centrales à charbon, à gaz ou à fioul si elles utilisent le procédé de capture et séquestration du carbone (CCS).

Mais ce système reste expérimental. Et les écologistes contestent ce procédé tout comme le recours au nucléaire. Ils préconisent uniquement la transition vers les énergies renouvelables.