La sixième extinction animale de masse est en route

Jamais la planète n'a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné, estiment des scientifiques dans une étude publiée dans le journal "Science Advances". Et selon eux, leurs calculs ont sans doute sous-estimé la gravité de cette nouvelle crise.

Une jeune panthère nébuleuse est présentée par les vétérinaires du zoo d\'Olmen (Belgique) le 16 avril 2016. Il reste seulement 10 000 specimen de cet animal sur Terre. 
Une jeune panthère nébuleuse est présentée par les vétérinaires du zoo d'Olmen (Belgique) le 16 avril 2016. Il reste seulement 10 000 specimen de cet animal sur Terre.  (YVES HERMAN / REUTERS)
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La dernière avait vu s'éteindre les dinosaures, il y a 66 millions d'années. Celle-ci pourrait bien faire disparaître les humains. Une étude, publiée vendredi 19 juin, est formelle : nous sommes en train de vivre la sixième extinction animale de masse et ce "sans aucun doute notable". Il s'agit des estimations les plus optimistes de travaux, publiés dans le journal Science Advances (en anglais).

Les experts de prestigieuses universités américaines Stanford, Princeton et Berkeley y affirment que les espèces animales disparaissent environ 100 fois plus rapidement que par le passé. Les causes de la disparition des espèces comprennent notamment le changement climatique, la pollution et la déforestation.

Les hommes en feront partie

Dans leurs travaux, les scientifiques préviennent : les humains feront probablement partie des espèces qui disparaîtront. "Si on permet que cela continue, la vie pourrait mettre plusieurs millions d'années à s'en remettre, et nos espèces elles-mêmes disparaîtraient probablement assez tôt", précise ainsi Gerardo Ceballos, de l'université autonome de Mexico.

Cette analyse alarmante s'appuie sur les observations documentées d'extinctions de vertébrés - à savoir des animaux avec squelettes internes comme des grenouilles, des reptiles et des tigres - à partir de fossiles et d'autres bases de données. "Il y a des exemples d'espèces sur toute la planète qui sont littéralement des morts-vivants", a souligné Paul Ehrlich de l'université Stanford.

Des calculs qui "sous-estiment la sévérité" de la crise

Le rythme actuel de disparition des espèces a, lui, été comparé aux "rythmes naturels de disparition des espèces avant que l'activité humaine ne domine". Mais ces rythmes sont difficiles à estimer car les experts ne savent pas exactement ce qu'il s'est produit tout au long des 4,5 milliards d'années d'existence de la Terre.

Si le taux du passé fait ressortir une disparition de deux espèces de mammifères pour 10 000 espèces en 100 ans, alors "le taux moyen de perte d'espèces de vertébrés au siècle dernier est 114 fois supérieur à ce qu'il aurait été sans activité humaine, même en tenant compte des estimations les plus optimistes en matière d'extinction", rapporte l'étude.

"Nous insistons sur le fait que nos calculs sous-estiment très probablement la sévérité de cette crise d'extinction, parce que notre objectif était de fixer un bas de la fourchette réaliste en ce qui concerne l'impact de l'humanité sur la biodiversité", relèvent encore les scientifiques.