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La gravité de l'accident survenu à la centrale de Fukushima est estimée à 7 sur une échelle de 7, selon le Japon

Ce qui équivaut à une gravité semblable à celle survenue à Tchernobyl en 1986. Selon l'échelle INES, le niveau 7 correspond à un "rejet majeur avec effets considérables sur la santé et l'environnement". Les experts soulignent que les conséquences des deux accidents sont incomparables.
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La centrale de Fukushima, le 14 mars 2011 (AFP PHOTO/HO/DigitalGlobe)

Ce qui équivaut à une gravité semblable à celle survenue à Tchernobyl en 1986. Selon l'échelle INES, le niveau 7 correspond à un "rejet majeur avec effets considérables sur la santé et l'environnement". Les experts soulignent que les conséquences des deux accidents sont incomparables.


L'estimation de la gravité de l'accident nucléaire porte sur la situation initiale et non sur la situation actuelle.

"Il s'agit d'une évaluation préliminaire qui doit être entérinée par l'Agence internationale de l'Energie atomique", a déclaré un responsable de l'agence japonaise de sûreté nucléaire (Nisa), qui a effectué cette annonce. Chaque niveau signifie que la gravité de l'événement est 10 fois supérieure au niveau inférieur.

Emissions radioactives peut-être plus importantes qu'à Tchernobyl
Les émissions de particules radioactives en provenance de Fukushima représentent environ 10% de la quantité émise par la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, après l'explosion survenue en 1986, a cependant souligné la Nisa. Elles pourraient être finalement plus importantes qu'à Tchernobyl, car elles n'ont toujours pas cessé.

Comparaison difficile entre les deux catastrophes
Murray Jennex, expert du nucléaire, a cependant rejeté toute comparaison entre les deux événements.

"On en est très loin. Tchernobyl, c'était terrible. Cela a explosé, il n'y avait pas de confinement et ils étaient coincés. Leur confinement (à Fukushima) a tenu le coup, la seule chose qui n'a pas résisté, c'est la piscine de combustible qui a pris feu", a dit ce professeur associé à l'université de San Diego, en Californie.

Un événement de niveau sept entraîne la libération d'une importante quantité de matières radioactives avec des conséquences sanitaires et écologiques majeures. Un événement de niveau 5, celui auquel était classé l'accident de Fukushima jusqu'alors, implique une libération limitée de matières radioactives, avec des morts.

L'échelle internationale des événements nucléaires,
Ines (International Nuclear Event Scale)


NIVEAU 7
Rejet majeur avec effets considérables sur la santé et l'environnement.

NIVEAU 6
Rejet important susceptible d'exiger l'application intégrale des contre-mesures prévues

NIVEAU 5
Rejet limité susceptible d'exiger l'application partielle des contre-mesures prévues; endommagement grave du coeur du réacteur ou des barrières radiologiques

NIVEAU 4
Rejet mineur, exposition du public de l'ordre des limites prescrites; endommagement important du coeur du réacteur ou des barrières radiologiques, exposition mortelle d'un travailleur.

NIVEAU 3
Très faible rejet, exposition du public représentant une fraction des limites prescrites; contamination grave à l'intérieur du site avec effets aigus sur la santé d'un travailleur; accident évité de peu, perte de barrières.

NIVEAU 2
Aucune conséquence à l'extérieur du site; contamination importante à l'intérieur du site avec surexposition d'un travailleur; incidents assortis de défaillances importantes des dispositions de sécurité au niveau de la défense en profondeur.

NIVEAU 1
Aucune conséquence ni à l'extérieur ni à l'intérieur du site; anomalie sortant du régime de fonctionnement autorisé.

NIVEAU 0
Aucune importance du point de vue de la sûreté.



Tepco n'a toujours pas le contrôle du site
Les ingénieurs de Tokyo Electric Power (Tepco), l'exploitant de la centrale, ne parviennent toujours pas à reprendre le contrôle du site, où un incendie a été maîtrisé mardi.

Tepco peine à reprendre le contrôle du site de Fukushima. Elle injecte de l'azote dans les réacteurs, dont certains ont subi une fusion partielle, pour éviter une trop forte concentration d'hydrogène susceptible de provoquer des explosions qui libéreraient des particules radioactives.

Le déversement d'eau de mer dans les réacteurs, pour éviter une surchauffe du combustible, a en outre entravé les efforts visant à remettre en état de fonctionnement le système de refroidissement de la centrale, pourtant indispensable.

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