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Energies renouvelables : la France doit revoir sa copie

La Cour des comptes a publié ce jeudi un rapport sur la politique de développement des énergies renouvelables en France. Le texte souligne que si le pays est en avance sur ses voisins européens, les aides doivent être mieux ciblées pour avoir de réelles retombées socio-économiques.
Article rédigé par Pierrick de Morel
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
  (Regis Duvignau Reuters)

En bonne voie, mais peut mieux faire. Voilà comment résumer en quelques mots le rapport publicé ce jeudi par la Cour des comptes sur les politiques publiques de soutien aux énergies renouvelables (ENR).

Les énergies renouvelables sont ces sources naturelles qui produisent de l'énergie en engendrant pas ou peu de déchets ou de pollution. Selon l'Observatoire des Energies Renouvelables, elles sont au nombre de cinq :

L'énergie solaire,L'énergie éolienne, fournie par le vent,L'énergie hydraulique, fournie par les chutes d'eau ou les marées,La biomasse, en lien avec la croissance des végétaux,La géothermie, qui exploite la chaleur naturelle de la terre. Dans son rapport, la Cour souligne que les politiques publiques de soutien aux énergies renouvelables ont coûté 14,3 milliards d'euros entre 2005 et 2011. Un coût très élevé, sans que celui-ci ait apporté, jusqu'ici, "les retombées socio-économiques attendues ".

Conclusion : ces aides doivent être mieux ciblées pour avoir un impact positif sur l'emploi et l'économie en France. La cour propose que les soutiens financiers soient accordés en priorité aux installations les plus efficients par rapport à leur coût, leur part dans la production énergétique et leur capacité à générer des emplois.

Des aides inégales en fonction des ENR

La Cour juge que l'expertise de l'Etat ainsi que les contrôles sur l'usage des aides, notamment fiscales, sont insuffisants.

Elle propose notamment de "réserver les appels d'offres aux filières les plus en retard dans la réalisation de leurs objectifs de capacité et aux installations qui ne bénéficient pas d'un tarif d'achat fixé par arrêté, afin d'éviter les effets
d'aubaine.
"

Deux sources d'énergies sont particulièrement visées :

L'énergie solaire photovoltaïque (avec les panneaux solaires), qui
a bénéficié d'appels d'offres en 2013, alors que cette filière
est en avance sur l'objectif de 5.400 megawatts (MW) installés
en 2020.A l'inverse, l'énergie éolienne terrestre, "sur le point
d'être compétitive
" mais qui accuse un retard important avec seulement
7.500 MW installé contre 19.000 MW d'objectifs pour 2020.  La France en avance sur ses voisins européens

Autre enseignement de ce rapport : d'un point de vue global, la situation financière de la France dans le soutien aux ENR est parfois meilleure que celle de ses voisins. La part des énergies renouvelables dans la consommation globale d'énergie est ainsi de 13,1 %, un chiffre supérieur à la moyenne européenne.

"La
stratégie française, qui a parfois pu être décrite comme trop mesurée par
rapport notamment à l'enthousiasme allemand et espagnol, lui épargne encore pour
l'instant les difficultés de financement auxquelles ces pays se trouvent
confrontés."

Lors de la conférence de presse en marge de la publication de ce rapport, le président de la Cour des comptes Didier Migaud a rappellé que la France s'était fixée un objectif ambitieux par rapport aux autres pays de l'Union Européenne : en 2020, les ENR sont censées représenter 23% de la consommation finale brute de toutes les énergies (contre 10,3% en 2005).

Ce chiffre de 23 % sera difficile à atteindre sans moyens supplémentaires : les Sages soulignent que l'effort à consentir devra être beaucoup plus important entre 2012 et 2020 qu'entre 2005 et 2011.

Sans une prise de conscience collective des moyens nécessaires pour atteindre cet objectif, "il est vain d'espérer que les énergies renouvelables occupent une place prééminente dans le mix énergétique français ", explique la Cour des comptes.

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