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Infographies Intensité, durée, mortalité... On a comparé les canicules qui ont frappé la France depuis 1947

Une nouvelle vague de chaleur s'abat sur l'Hexagone cette semaine. La 45e depuis l'après-guerre, selon les chiffres de Météo France.

Article rédigé par Thomas Baïetto
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un soignant face à l'afflux de malades en raison de la canicule, le 13 août 2003 à l'hôpital Saint-Antoine de Paris. (JEAN AYISSI / AFP)

La France va-t-elle revivre la canicule meurtrière de 2003 ? Alors qu'une nouvelle vague de chaleur, la deuxième de l'année, accable l'Hexagone depuis lundi 11 juillet, certains, comme le climatologue Christophe Cassou, s'inquiètent de voir ce scénario se répéter, avec une intensité décuplée par vingt ans de réchauffement climatique supplémentaires.

Nos émissions de gaz à effet de serre, produites lorsque nous brûlons du charbon, du gaz ou du pétrole pour nous déplacer, nous loger ou nous nourrir, ont rendu ces vagues de chaleur "plus fréquentes et plus intenses", avertissait le Giec dans son dernier rapport. "On sera, je pense, dans le top 1 ou le top 2 des canicules jamais enregistrées [en France hexagonale], en étant très proche de 2003", estime Christophe Cassou à propos de la vague actuelle, en relevant que des incertitudes demeurent sur la durée de cet épisode.

Où situer la fameuse canicule de 2003 parmi les dizaines de vagues de chaleur qui ont frappé notre pays depuis 1947 ? Quelles ont été les périodes les plus chaudes et les canicules les plus longues depuis l'après-guerre ? Pour vous aider à y voir plus clair, franceinfo explore notre passé brûlant en graphiques.

Plus de la moitié des vagues de chaleur ont été enregistrées depuis 2006

C'est l'une des manifestations les plus claires du réchauffement climatique en France. Depuis 1947, notre pays a connu 44 vagues de chaleur au niveau national et en traverse désormais une 45e, la deuxième en moins d'un mois. Celles-ci sont de plus en plus fréquentes : il y en a eu plus en 16 ans (depuis 2006) que lors des six décennies précédentes.

Un record d'intensité en 2019

Pour recenser une vague de chaleur, Météo France utilise l'indicateur thermique national, la température moyenne enregistrée dans 30 stations météorologiques réparties sur l'ensemble du territoire hexagonal. On parle de "vague de chaleur" quand la température moyenne est supérieure ou égale à 25,3 °C pendant 24 heures, supérieure à 23,4 °C pendant au moins trois jours et toujours au-dessus de 22,4 °C sur l'ensemble de l'épisode. Les plus intenses, en juillet 2019 et en août 2003, ont dépassé les 29 °C sur une journée.

La plus longue en juillet 1983

La canicule de 2003 n'est pas la plus longue relevée par Météo France, même si elle figure sur le podium (16 jours, à égalité avec juillet 2018). C'est en 1983 que le record a été battu, avec une vague de chaleur qui a duré 23 jours. Cet épisode était cependant nettement moins intense qu'en 2019 ou 2003, avec 26,3 °C en moyenne.

Au-delà de ces périodes historiques, la tendance est à la hausse. Entre 1947 et 1991, il y en avait en moyenne deux jours de fortes températures par an. Un chiffre qui passe à 6,2 sur la période 1992-2007 et 7,5 sur la période 2007-2021.

La catastrophe sanitaire de 2003

Si la canicule de 2003 a marqué les esprits, c'est parce qu'elle fut de loin la plus meurtrière. Selon les données de Santé publique France, 15 209 morts en excès ont été enregistrées pendant ces journées caniculaires d'août. C'est bien plus qu'en 2019 (1 462), à l'intensité comparable mais beaucoup plus courte (6 jours contre 16). Le plan canicule, mis en place après 2003, explique également cette réduction drastique du nombre de morts. Les derniers étés ne sont cependant pas sans impact : il y a eu 1 624 morts en 2018 et 1 903 en 2020.

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