"Il faudrait une pluie pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois" : les précipitations de la mi-août ne suffiront pas à remplir les nappes phréatiques

Après un été qualifié d'"historique" selon Météo-France au niveau de la sécheresse, la pluie a fait son retour dimanche 14 août. Pour autant, les quelques précipitations ont peu d'impact sur la sécheresse en cours.

Article rédigé par
Benjamin Recouvreur, édité par Valentin Moylen - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La lit de "La Savoureuse" à sec, à Belfort (Territoire-de-Belfort), le 12 août 2022. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

La pluie a fait son retour en France, dimanche 14 et lundi 15 août. De l'eau plus que bienvenue après des mois de sécheresse au sortir d'un hiver très sec. Dans plusieurs régions du pays, les nappes phréatiques sont à des niveaux très bas. C'est le cas en Provence, sur la Côte d'Azur ou encore dans le Poitou. Dimanche, la totalité des départements de France métropolitaine étaient en vigilance sécheresse, dont 22 en "alerte renforcée" et 68 en "crise" – le plus haut niveau d'alerte. En juillet, moins d'un centimètre d'eau est tombé en France métropolitaine, les orages, suivies de précipitations étaient donc particulièrement attendues.

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"On a des débits de certaines de nos sources qui sont divisés par deux à cette saison par rapport à des débits qui ne sont déjà pas très importants en juillet-août"observe Laurent Lucaud, élu communiste, et vice-président du Grand Poitiers en charge de l'eau et de l'assainissement. Dimanche et lundi, il a plu en tout et pour tout moins de 15 millimètres, "juste un petit orage", commente l'élu. Le niveau des nappes dans le Poitou est bas, voire localement très bas. "Il faudrait, poursuit-il, qu'on ait une pluie relativement fine abondante, pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour pouvoir combler le déficit hydrique". Car le déficit se compte en "centaines de milliers, voire en millions de mètres cubes" sur tout le territoire poitevin. 

D'autant plus que ce ne sont pas les pluies estivales qui rechargent les nappes phréatiques mais plutôt les pluies de l'automne et de l'hiver. "Les pluies permettent de régler le problème des sols et des plantes. Le sol est en première position face à la pluie, c'est lui qui se sert en premier. Cela va permettre un redémarrage de la vie végétale, explique Vazken Andreassian, hydrologue. Mais par contre, les nappes phréatiques doivent attendre : elles se servent en dernier".

"Les nappes phréatiques se reconstituent plutôt pendant l'hiver, quand les sols sont déjà presque saturés. Si les pluies récentes permettent de régler le problème des rivières en surface, les nappes, elles, doivent encore attendre."

Vazken Andreassian, hydrologue

à franceinfo

Le risque d’inondation

Autre problème, pointe l'hydrologue : l'extrême sécheresse des sols. Les épisodes de pluie à venir s'annoncent courts mais violents. Or, une terre sèche n'absorbe pas l’eau abondante des orages. "Les pluies très intenses ne bénéficient ni au sol ni aux nappes, car il y a un phénomène de ruissellement, cela peut créer des crues", alerte Vazken Andreassian

Les regards sont donc tournés vers l'automne et le début de l'hiver avec des précipitations importantes espérées pour assurer l'approvisionnement en eau potable. Le point de rupture n'est plus très loin autour de Poitiers, assure Laurent Lucaud : "Nos réserves diminuent chaque jour. Si en plus, on rajoute à cette crise existante un non apport en eau, le déficit va s'accentuer. Nous sommes déjà sur la réserve de la réserve". Selon le vice-président du Grand Poitiers, des "ruptures d'alimentation en eau potable sur une période allant de novembre à décembre, c'est du jamais vu".

La situation est meilleure dans d'autres régions de France. Dans le Nord, le bassin parisien ou les Pyrénées, les nappes ont un niveau normal, se situant autour de la moyenne.

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