Crise climatique : une plainte contre Jean Castex et quatre ministres a été déposée devant la Cour de justice de la République

Le but des plaignants est de pousser le gouvernement "à l'action" avant l'adoption définitive de la loi Climat.

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Le Premier ministre Jean Castex en déplacement dans une salle de sport, le 09 juin 2021 à Paris. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

L'eurodéputé Pierre Larrouturou et les militants Cyril Dion et Camille Etienne ont déposé plainte mercredi 16 juin contre Jean Castex et quatre ministres pour leur inaction contre le changement climatique, devant la Cour de justice de la République, la seule habilitée à juger les actes des membres du gouvernement, ont-ils déclaré à l'AFP. 

Cette plainte pour abstention à combattre un sinistre vise le Premier ministre et les ministres de la Transition écologique Barbara Pompili et de l'Economie Bruno Le Maire, ainsi que les ministres délégués aux Transports Jean-Baptiste Djebbari et au Logement Emmanuelle Wargon. Le but des plaignants n'est pas de "couper des têtes" ou d'envoyer des ministres en prison, mais "de les pousser à l'action", avant l'adoption définitive de la loi Climat, a précisé Pierre Larrouturou. C'est pour cela que seuls sont visés des membres du gouvernement actuel."Avec cette menace, ils réfléchiront peut-être à deux fois avant de prendre des décisions qui impactent la vie de millions de personnes", a commenté la militante climat Camille Etienne.

Le projet de loi "Climat et résilience" jugé insuffisant

"L'Etat a été condamné pour son inaction et malgré ça, on continue à mettre des rustines. Et les ministres n'en ont pas grand-chose à faire parce qu'ils ne se sentent pas directement touchés", s'est désolé l'eurodéputé. La plainte déposée mercredi liste les catastrophes déjà subies par la France et insiste sur l'"insuffisance" du projet de loi "Climat et résilience" adoptée en première lecture à l'Assemblée et ses "renoncements" par rapport aux propositions de la Convention citoyenne sur le climat (CCC) dont il découle.

"Par leur inertie, par les décisions qu'ils ont prises de façon délibérée et répétée, les ministres chargés d'organiser et de financer la lutte contre le dérèglement climatique sont complices de ce 'crime de l'humanité contre la vie' dont parlait Jacques Chirac à Johannesburg", estime la plainte, en référence au discours de 2002 où l'ancien président avait lancé "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs".

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