Vidéo Une association "ré-ensauvage" un ancien domaine de chasse qu'elle a acheté dans le Vercors pour "laisser faire la nature"

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VIDEO. Une association "ré-ensauvage" un ancien domaine de chasse qu'elle a acheté dans le Vercors pour "laisser faire la nature"
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L’Association pour la protection de la vie sauvage achète des forêts et des terres un peu partout en France. Elle applique la méthode du "ré-ensauvagement" pour redonner tous ses droits à la nature… Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 19 décembre 2021.

Clément Roche, 30 ans, a accumulé les diplômes pour devenir expert en environnement. Il exerce aujourd’hui le job de ses rêves en étant salarié depuis deux ans de l’Association pour la protection de la vie sauvage (Aspas). Sa mission est de transformer l’ancien domaine de chasse de Valfanjouse (Drôme) dont elle a fait l’acquisition dans le Vercors grâce à des dons, en une "réserve de vie sauvage" qui a pour objectif de rendre "à la nature sauvage des territoires où elle peut s’exprimer pleinement et librement."

"Cet arbre est tombé l’année dernière et, ailleurs, on l’aurait très certainement tronçonné avant de l’évacuer, explique-t-il au magazine '13h15 le dimanche' (replay). Cela ne va pas être le cas ici. On va laisser la nature évoluer : naître, grandir, faire sa vie et mourir. Le bois mort représente la moitié de la biodiversité. Alors, si on l’enlève de nos forêt, on perd la moitié de la biodiversité. On voit les animaux qui ont mangé les écorces pour trouver certains minéraux nécessaires à leur santé… On trouve quelques poils : les sangliers viennent se frotter pour se déparasiter régulièrement pour que leur peau ne soit plus attaquée par des puces, des tiques, etc."

Pour une "balade contemplative et immersive, amoureuse ou curieuse"

"Le 'ré-ensauvagement', c’est laisser faire la nature, explique Clément Roche. On va effacer un peu l’empreinte humaine qui est partout prédominante et laisser ce territoire évoluer sans contrainte et actions humaines." Ici, les animaux ne sont plus nourris par l’homme. Ils doivent réapprendre à s’alimenter seuls avec ce qu’ils trouvent. Clément ne ramasse pas les magnifiques champignons en raison du principe de libre évolution qui exige de ne rien prélever : "C’est compliqué de faire comprendre qu’il ne faut pas toucher aux champignons qui sont une partie intégrante de la biodiversité. On les laisse pousser…"

Alors, les hommes sont-ils de trop ? "C’est la question qui revient très souvent. Absolument pas ! répond le membre de cette association qui ne va pas sans rencontrer l’hostilité de chasseurs, éleveurs, agriculteurs… L’homme fait partie intégrante de la biodiversité. Simplement, il a pris l’habitude, notamment pendant le XXe siècle, d’être ultra-dominant. Cela conduit actuellement a une érosion de la biodiversité sans précédent. C’est important que ces zones se créent avec pour idée de partager un peu mieux le territoire." L’Aspas limite ses "réserves de vie sauvage" à "la balade contemplative et immersive, amoureuse ou curieuse".

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