"Nous sommes tout près d'une sixième extinction" des espèces, estime un responsable de l'Union internationale pour la conservation de la nature

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a annoncé déployer un nouvel outil, le "Statut vert des espèces", afin de mesurer la régénération des espèces et de connaître l'impact des programmes de conservation.

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Des oryx d'Arabie dans le sanctuaire de Oum el-Zamoul, à la frontière entre les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite, le 24 mars 2017. (KARIM SAHIB / AFP)

Alors que la disparition des espèces s'accélère, toutes ne pourront pas être sauvées, avertit Craig Hilton-Taylor, responsable de la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Cette liste, qui met en lumière les végétaux et animaux menacés, a été mise à jour samedi 4 septembre, à l'occasion du sommet mondial de l'organisation, qui se tient à Marseille (Bouches-du-Rhône). "Les tendances montrent que nous sommes de 100 à 1 000 fois au-dessus des taux normaux d'extinction", a déclaré à cette occasion Craig Hilton-Taylor, dans une interview à l'AFP.

"Je dirais que la Liste rouge montre que nous sommes tout près d'une sixième extinction de masse. Si l'augmentation se poursuit à ce rythme, nous serons bientôt confrontés à une crise majeure", a-t-il poursuivi. 

Des espèces autrefois menacées "prospèrent" grâce aux efforts de conservation

"Si nous regardons le rythme des extinctions par siècle depuis 1 500 ans, on note une inflexion marquée qui commence dans les années 1900", déclare le responsable de l'UICN. Sans cette Liste rouge, créée en 1964, "nous aurions presque à coup sûr perdu de nombreuses espèces à travers le monde", ajoute-t-il, citant l'oryx d'Arabie. Avec cette liste, "nous voyons des espèces qui étaient au bord de l'extinction prospérer aujourd'hui", grâce aux efforts de conservation qu'elle suscite.

Or, "le montant des financements disponibles est limité et il existe un grand nombre d'espèces, prévient Craig Hilton-Taylor. Cela induit de dures réalités. Nous sommes contraints de laisser certaines espèces s'éteindre car nous ne pouvons pas vraiment les sauver."

Un "Statut vert" pour évaluer la régénération des espèces 

Face au déclin des espèces animales et végétales, les efforts de préservation portent-ils leurs fruits ? Pour le savoir, l'UICN a annoncé déployer le "Statut vert des espèces". Cette nouvelle liste a "deux objectifs principaux : mesurer la régénération des espèces, ce qui n'a jamais été fait", et connaître l'impact des programmes de conservation, a expliqué vendredi Molly Grace, coordinatrice du groupe de travail sur le Statut vert, lors d'une conférence de presse. 

Comme la Liste rouge, le Statut vert des espèces compte neuf catégories, de "rétablissement complet" à "extinction à l'état sauvage", en passant par différents stades, "diminution légère", "diminution modérée", "diminution importante", "diminution critique". Ce classement compte pour l'instant 181 espèces évaluées, bien loin des 38 500 que compte la Liste rouge. D'autres sont en cours d'évaluation et seront rendues publiques à la fin de l'année. Le Statut vert sera intégré à la Liste rouge.

A terme, l'idée est de développer également un indice pour mesurer le rétablissement d'un groupe d'espèces. "La Liste rouge et le Statut vert fournissent des évaluations distinctes mais liées et complémentaires sur le statut de conservation d'une espèce", a précisé l'UICN, qui a par ailleurs créé une "Liste verte des aires protégées et conservées". Cette dernière compte 59 sites à travers le monde et se base sur 17 critères dans quatre domaines : "bonne gouvernance, conception et planification robustes, gestion efficace et résultats effectifs en matière de conservation".

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