Béa Johnson, madame zéro déchet

Comment vivre sans produire de déchets ? C’est le pari dans lequel s’est lancée Béa Johnson. Cette Française installée en Californie a fait des émules avec son blog et son livre.

(Béa Johnson : "L’emballage c’est déjà 15% du prix du produit, alors je fais baisser ma facture " © RF/ Anne-Laure Barral)
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Aujourd’hui en France une vingtaine de territoires se sont lancés dans la réduction de leurs déchets. Une communauté d’ambassadeurs vient de se créer sur internet pour donner des conseils à ceux qui voudraient limiter leur impact sur l’environnement.  Béa Johnson est ravie de voir qu’elle a fait des émules même s’il lui reste de défis à relever.

Béa Johnson, madame zéro déchet - Anne-Laure Barral l'a rencontrée, son reportage
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Béa vit aux Etats Unis depuis 20 ans

"Je n’ai pas encore trouvé comment faire moi-même du sérum physiologique pour les lentilles de mon mari" , sourit Béa Johnson. Voilà le genre de contraintes qu’elle aimerait bien lever pour pouvoir atteindre son but le zéro déchet. Cette Française, installée aux Etats Unis depuis 20 ans où elle était partie comme jeune fille, est devenue aujourd’hui madame zéro déchet. Un défi dans lequel elle s’est lancée il y a près de dix ans à l’occasion d’un déménagement. "On a dû mettre nos affaires au garde-meubles avant d’avoir notre maison et du coup on a vu tout ce que l’on avait de superflu" , explique-t-elle.

(Béa Johnson est adepte du vrac et des produits frais © Anne-Laure Barral /RF)

Les trophées dont Béa Johnson est la plus fière sont ses bocaux de déchets. Un litre seulement contient l’ensemble de ce qu’elle n’a pas pu refuser, réduire, recycler ou composter en un an : du sparadrap, de la mousse de vélo, des étiquettes de bagage. Ce qui surprend aussi dans sa maison, c’est la décoration minimaliste : pas d’étagères pas de livres pas de bibelot.

"Comme ça nous pouvons la louer dès que nous partons pour le weekend ou la semaine" , explique l’artiste peintre. Dans les placards, il y a juste le strict nécessaire en vêtements et en chaussures, pour elle, son mari et leurs deux ados. Ce qui n’empêche cette grande blonde de 40 ans d’avoir l’air chic même quand elle fait ses courses. Evidemment elle est adepte du vrac, des produits frais. Elle apporte ses cabas, ses sacs en tissu et ses bocaux pour sa viande, son poisson ou le beurre de cacahuètes. "L’emballage c’est déjà 15% du prix du produit, alors je fais baisser ma facture" , explique-t-elle.

8 millions de personnes ont consulté son blog

Si son engagement pour la protection de l’environnement ne touche pas tout le monde en revanche celui des économies fait mouche. Si 8 millions de personnes ont consulté son blog et  si son livre zéro déchet sorti en 2013 a été un bestseller, c’est sans doute parce qu’elle a calculé avoir fait 40% d’économies en adoptant ce mode de vie. Elle donne aujourd’hui des conférences dans le monde entier. Elle conseille de grandes chaines de supermarché au Brésil, ou encore Ikea. Des communautés zéro déchet naissent un peu partout notamment en France où les internautes se donnent des conseils de recyclage ou de bonnes adresses d’hôtels qui luttent contre le gaspillage.

Chaque année sur terre nous produisons près de 4 milliards de tonnes de déchets. Des rebus qu’il faut traiter : enterrer, recycler ou incinérer ce qui émet beaucoup de gaz à effet de serre. C’est pourquoi le pari de Béa Johnson est finalement loin d’être anecdotique. 

A CONSULTER ►►► Le blog de Bea Johnson