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Égypte : Mohamed Morsi, la cible de la rue

En Égypte, plusieurs dizaines de milliers de manifestants hostiles au président Morsi ont investi la place Tahrir dès dimanche après-midi, au Caire. Un an après l'élection de Mohamed Morsi à la présidence post-Moubarak, ses opposants manifestent en masse dans tout le pays. Déjà ces derniers jours, les manifestations ont fait plusieurs morts. La situation est tendue sur place.
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Radio France
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 (Mohamed Abd El Ghany Reuters)

Il devait y avoir du monde, il y a du monde. L'Égypte attendait ce dimanche une véritable marée humaine au Caire, à Alexandrie et dans les autres villes du pays. Mobilisés, des centaines de milliers d'opposants à Mohamed Morsi, ont tous coché cette date du 30 juin. Sous un soleil de plomb, la place Tahrir comptait déjà des dizaines de personnes à 14 heures. Les drapeaux flottent autour de la place, comme pour montrer que la véritable Égypte est ici, avec les manifestants. Certains appellent déjà à une "nouvelle révolution ". Mais la contestation s'étend bien au-delà de la capitale.

Pourquoi une telle manifestation ? Parce que ce dimanche marque le premier anniversaire de l'investiture du président égyptien, le premier élu après l'ère d'Hosni Moubarak.

Mais les espoirs du peuple ont rapidement laissé place à une large désillusion. Accusé d'accorder trop de place aux islamistes, notamment dans la constitution adoptée par référendum en décembre dernier, le membre des Frères musulmans affronte aujourd'hui la plus grave crise depuis son arrivée au pouvoir.

22 millions de signatures

Le mouvement Tamarod ("rébellion", en arabe) affirme avoir réuni près de 22 millions de signatures sur une pétition réclamant le départ de Mohamed Morsi. Un document écarté d'un revers de la main par le président égyptien, qui affirme vouloir rester jusqu'à la fin de son mandat, en juin 2016.

Face à la colère d'une partie de son peuple, il a souligné mercredi lors d'un long discours le risque de "chaos " généré par la contestation actuelle, appelant l'opposition au dialogue. Dimanche, la présidence a de nouveau souligné que le dialogue restait la seule solution. Mais Morsi reste accusé de ne rien faire face à la crise sociale et économique qui secoue le pays.

Crainte de violences

Il ne faut pas grand chose désormais pour que l'Égypte s'embrase à nouveau. Cette semaine, huit personnes ont été tuées à travers le pays dans des manifestations, dont deux rien que vendredi à Alexandrie.

Parmi les victimes de vendredi, un jeune Américain, membre d'une ONG. C'est pourquoi Barack Obama est entré samedi dans le débat, en marge de sa visite en Afrique du Sud, exprimant son "inquiétude" pour une Égypte sans "tradition démocratique". Les ambassades seront fermées ce dimanche. Il y a aussi des pro-Morsi : des milliers d'islamistes campent désormais devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, près du Caire.

L'armée et la police se tiennent sur le qui-vive. Aucun débordement ne sera toléré. Car tout le monde craint désormais un embrasement général dont personne ne pourrait prédire l'issue.

> À lire : notre série de reportages Égypte, l'espoir déçu  

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