L'ambassadeur birman à l'ONU rompt avec la junte militaire et affiche son soutien au mouvement de protestation

Kyaw Moe Tun a réclamé une action internationale pour mettre un terme au coup d'Etat militaire dans son pays. Il est très rare qu'un ambassadeur s'élève contre sa propre autorité en pleine assemblée des Nations unies.

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L'ambassadeur birman à l'ONU Kyaw Moe Tun, lors de l'Assemblée générale du 26 février 2021, à New York (Etats-Unis). (NATIONS UNIES)

L'ambassadeur birman à l'ONU, Kyaw Moe Tun, a rompu spectaculairement avec la junte militaire, vendredi 27 février, lors de l'assemblée générale de l'ONU. Il a notamment réclamé la fin immédiate du coup d'Etat et a même achevé son discours en birman avec trois doigts levés, symbole de la protestation dans son pays. Son intervention d'une douzaine de minutes a été empreinte d'une grande émotion, que laissaient deviner quelques trémolos dans sa voix.

"Nous avons besoin de l'action la plus forte de la communauté internationale pour mettre fin immédiatement au coup d'Etat militaire, à l'oppression du peuple innocent et pour rendre le pouvoir de l'Etat au peuple."

Kyaw Moe Tun, ambassadeur birman à l'ONU

Assemblée générale des Nations-unies

Kyaw Moe Tun a réclamé que les membres de l'ONU ne reconnaissent pas le régime militaire qui s'est approprié le pouvoir le 1er février, et ne coopérent pas avec lui. "Nous continuerons à nous battre pour un gouvernement qui soit du peuple, par le peuple, pour le peuple", a-t-il promis. Un extrait de ce discours a été notamment partagé par la rédaction de France 24.

Son intervention s'est achevée par une salve d'applaudissements dans le grand amphithéâtre de l'Assemblée générale. Plusieurs autres intervenants lui ont adressé leurs félicitations, comme le représentant de l'Union européenne, Olof Skoog. L'ambassadrice britannique à l'ONU, Barbara Woodward, a rendu "hommage au courage" de son homologue birman, tout comme la nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, qui a évoqué une "déclaration courageuse".

Le précédent libyen

Les cas d'ambassadeurs s'élevant en séance contre leurs autorités sont "très rares" à l'ONU, le dernier cas remontant à dix ans, en 2011, lorsque le représentant libyen s'était opposé au dictateur Mouammar Kadhafi en pleine révolte libyenne.

Juste avant la prise de parole de Kyaw Moe Tun, l'émissaire de l'ONU pour ce pays, Christine Schraner Burgener, avait condamné "fermement" la répression exercée par la junte. L'ONU souhaite se rendre en Birmanie, et conditionne une telle visite à la possibilité de rencontrer Aung San Suu Kyi, mise au secret depuis le coup d'Etat du 1er février, ce que la junte refuse catégoriquement jusqu'à présent, selon des diplomates.

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