Birmanie : Aung San Suu Kyi condamnée pour corruption à six ans de prison supplémentaires

L'ancienne dirigeante birmane, qui avait déjà été condamnée pour un total de onze ans de prison, a été reconnue coupable de quatre charges de corruption.

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France Télévisions
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L'ex-dirigeante de la Birmanie,  Aung San Suu Kyi, lors d'une cérémonie avec le président chinois, Xi Jinping, à Naypyidaw le 17 janvier 2020.  (STR / AFP)

La junte birmane resserre son étau autour d'Aung San Suu Kyi. L'ex-dirigeante de la Birmanie a été condamnée, lundi 15 août, à une peine de six ans de prison supplémentaires. La prix Nobel de la paix, âgée de 77 ans et qui avait déjà été condamnée pour un total de onze ans de prison, a été reconnue coupable de quatre charges de corruption.

Apparue en bonne santé au tribunal militaire, selon une source proche du dossier, elle n'a pas fait de commentaire après la lecture du jugement. Arrêtée lors du coup d'Etat militaire du 1er février 2021, Aung San Suu Kyi a été placée à l'isolement dans une prison de Naypyidaw fin juin. C'est dans cet établissement pénitentiaire de la capitale que se tient son procès, qui a débuté il y a plus d'un an, à huis clos, ses avocats ayant interdiction de parler à la presse et aux organisations internationales.

Les Etats-Unis dénoncent "un affront à la justice"

Les Etats-Unis ont dénoncé "l'arrestation injuste et la condamnation" d'Aung San Suu Kyi. Cette nouvelle peine de prison constitue "un affront à la justice et à l'état de droit", a estimé lundi un porte-parole du département d'Etat américain. Aung San Suu Kyi est visée par une multitude d'infractions : violation d'une loi sur les secrets d'Etat datant de l'époque coloniale, fraude électorale, sédition, corruption... Elle risque des décennies de prison.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, a lui aussi dénoncé une condamnation "injuste". "J'appelle le régime birman à la libérer immédiatement et sans condition, ainsi que tous les prisonniers politiques, et à respecter la volonté populaire", a déclaré le responsable sur Twitter (en anglais).

Fin avril, la prix Nobel avait déjà été condamnée à cinq ans de prison en vertu de la loi anti-corruption, pour avoir perçu 600 000 dollars et plus de 11 kilos d'or de pots-de-vin de l'ancien ministre en charge de la région de Rangoun. Elle avait été jugée auparavant pour importation et possession illégale de talkies-walkies, violation des restrictions liées au coronavirus et incitation aux troubles publics.

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