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Barack Obama : "Il y a 35 ans, j'aurais pu être Trayvon Martin"

Le président américain s'est exprimé vendredi, quasiment une semaine après l'acquittement de George Zimmermann en Floride, accusé d'avoir abattu Trayvon Martin, un adolescent noir, dans des conditions troubles. L'affaire suscite toujours beaucoup d'émotion au sein de la communauté afro-américaine. Barack Obama a notamment dit souhaiter un examen des législations locales sur la légitime défense dans le pays, à la veille d'une importante journée de mobilisation.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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  (Larry Downing Reuters)

L'apparition était impromptue. Barack Obama s'est présenté vendredi devant les journalistes, dans la salle de presse de la Maison blanche à Washington. Le président américain avait un message à faire passer, au sujet de l'affaire qui provoque depuis bientôt une semaine une grande émotion et une certaine tension aux États-Unis.

Barack Obama l'a affirmé d'emblée : "Il y a 35 ans, j'aurais pu être Trayvon Martin ". Le sort de cet adolescent noir, tué en février 2012 dans une propriété de Sanford en Floride, est au centre de toutes les conversations depuis samedi dernier dans le pays. Accusé de l'avoir abattu, George Zimmermann, gardien, avait été acquitté, les jurés considérant qu'il était en état de légitime défense. Cet acquittement a ravivé de vieux démons aux États-Unis, la communauté afro-américaine manifestant sa colère face à cet épisode judiciaire jugé injuste.

Réduire la "défiance " entre Afro-Américains et police

Ce n'est pas la première fois que Barack Obama s'identifie ainsi à la victime. L'année dernière, il avait lancé : "Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon ". Cette fois, le président américain, qui avait calmé le jeu après le verdict samedi dernier, appelle également à réduire la "défiance" entre les Noirs et la police aux États-Unis.

"Il y a très peu d'hommes afro-américains qui n'ont pas vécu l'expérience d'être suivis dans un grand magasin où ils faisaient leurs courses. Cela a été mon cas."

Pour donner des gages aux nombreuses personnes révoltées par le verdict, Barack Obama a également dit souhaiter un examen des législations locales sur la légitime défense. Celle appliquée en Floride n'en finit plus de faire débat.

Avec ces mots prononcés vendredi, le président américain, pris entre l'emotion et le devoir de faire respecter la justice - il a d'ailleurs précisé qu'"une fois que le jury a parlé, c'est ainsi que fonctionne notre système " - fend (un peu) l'armure. En s'identifiant à Trayvon Martin, il rappelle que le fait divers que vient de connaître le pays rappelle de sombres pages de l'histoire américaine.

Une journée de manifestations samedi

Cette intervention surprise de Barack Obama intervient opportunément à la veille du "Trayvon Martin Day", une journée qui devrait voir des milliers d'Américains descendre dans la rue pour défendre les droits civiques, et dénoncer les lois sur la légitime défense.

Des rassemblements auront lieu devant les palais de justice et les bâtiments fédéraux dans une centaine de villes à travers le pays.

Malgré l'empathie manifestée face aux journalistes vendredi, Barack Obama s'est montré ferme : selon lui, il est "compréhensible qu'il y ait eu des manifestations et des veillées [...] tant qu'elles restent non-violentes [...] Si je vois que des violences se déroulent, alors je rappellerai que cela déshonorerait ce qui est arrivé à Trayvon Martin et sa famille ".

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