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Violée, emprisonnée puis libérée, une Afghane doit épouser son agresseur

Selon la présidence, il s'agit pour elle d'éviter d'être en danger après sa libération.

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France Télévisions
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Une femme vêtue d'une burqa, à Kaboul (Afghanistan), le 23 novembre 2011. (SHAH MARAI / AFP)

Une Afghane incarcérée pour "adultère" après avoir été victime d'un viol a été libérée jeudi 1er décembre sur ordre du président afghan, Hamid Karzaï. L'affaire avait fait un tollé et près de cinq mille personnes avaient signé une pétition demandant la libération de cette femme, qui a croupi pendant deux ans en prison.

Mais elle va probablement devoir épouser son agresseur, dont elle a eu un enfant qu'elle élevait dans sa cellule. Pourquoi ? Selon la présidence, cela lui éviterait d'être en danger après sa libération. En Afghanistan, les femmes victimes de viol sont largement stigmatisées.

"Elle a consenti à cette union seulement si la sœur [de son agresseur] épousait son frère" à elle, fait valoir un porte-parole du président afghan. Selon lui, cette exigence vise à s'assurer que son époux ne l'agressera pas à l'avenir. Il a assuré que la libération de la jeune femme n'était pas liée à l'acceptation du mariage.

Pas de chiffres sur les violences contre les femmes

Selon un récent rapport commun de la Mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) et du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, aucune statistique officielle n'est disponible sur les cas de violences contre les femmes, et la plupart ne sont pas signalés. Dix ans après la chute des talibans, la condition des femmes afghanes a évolué, mais des pratiques telles que les mariages forcés et les "crimes d'honneur" restent monnaie courante.

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