Thaïlande : la sœur du roi candidate au poste de Premier ministre, un séisme dans le royaume

La candidature de la sœur du roi est inédite dans ce pays. Aucun membre de la famille royale n'avait jamais brigué le poste de chef du gouvernement depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle, en 1932.

La princesse Ubolratana, soeur aînée du roi de Thaïlande au festival de Cannes, le 18 mai 2017.
La princesse Ubolratana, soeur aînée du roi de Thaïlande au festival de Cannes, le 18 mai 2017. (VARIETY/SHUTTERSTOCK/SIPA)

Une candidature sans précédent. La princesse Ubolratana, sœur aînée du roi de Thaïlande, sera candidate au poste de Premier ministre à l'issue des élections de mars. Cette décision inédite n'a pas empêché le chef de la junte au pouvoir de se présenter lui aussi.

"J'ai abandonné mon titre de noblesse et je vis comme une roturière (...), comme une citoyenne ordinaire au sens de la Constitution", a écrit vendredi 8 février, sur Instagram, Ubolratana. J'agis avec "sincérité et suis déterminée à me sacrifier" afin de "conduire la Thaïlande sur le chemin de la prospérité", a-t-elle ajouté.

La première candidature royale depuis 1932

La candidature surprise de la princesse, en concurrence frontale avec le général Prayut Chan-O-Cha, rebat les cartes d'une scène politique verrouillée par les militaires depuis leur coup d'Etat de 2014. Ubolratana, 67 ans, va en effet concourir sous l'étiquette d'un parti dirigé par le clan de Thaksin Shinawatra, milliardaire et ancien Premier ministre en exil. Ce dernier a toujours été vu par la vieille garde du palais et les militaires comme une menace pour la royauté. 

La candidature de la sœur du roi, qui ne peut avoir été décidée sans l'aval du souverain, est donc un signe de rupture sans précédent. Elle marque un recours fracassant de Thaksin Shinawatra sur le devant de la scène politique. Aucun membre de la famille royale n'avait jamais brigué le poste de chef du gouvernement depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932.

Jusqu'à présent, le dirigeant de la junte était pressenti pour rester chef du gouvernement. L'armée, arrivée au pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014, a en effet pris le temps de baliser le terrain en faisant notamment adopter, en 2016, une Constitution controversée, avec un Sénat entièrement nommé par les militaires.