VIDEO. "Le résultat de mes recherches était correct" : il y a 30 ans, ce scientifique prédisait des feux destructeurs en Australie

En 1988, Tom Beer a publié une étude annonçant "une hausse dramatique de la gravité des incendies" due au réchauffement climatique.

Il y a plus de 30 ans, il sonnait déjà l'alerte. Tom Beer est un ancien scientifique du CSIRO, l'organisme gouvernemental australien pour la recherche scientifique. "J'ai été embauché en 1986 pour mener une étude sur les effets du changement climatique sur les incendies", raconte-t-il à franceinfo. Dans ses résultats, publiés deux ans plus tard, il dressait un constat alarmant : "Nous avons découvert qu'il y aurait une hausse dramatique de la gravité des incendies." 

Concrètement, il expliquait qu'avec l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère, la température grimperait, le taux d'humidité chuterait, et qu'ainsi les incendies s'amplifieraient, comme le détaille le Guardian (en anglais). Sa prédiction s'est vérifiée et l'Australie fait aujourd'hui face à de gigantesques feux de forêt.

C'est un peu schizophrénique : d'un côté, je suis satisfait de voir que le résultat de mes recherches était correct, mais de l'autre, je suis terrifié de voir ce qui arrive et qu'il n'y a pas eu assez de mesures prises pour arrêter le réchauffement climatique.

Tom Beer, ancien scientifique australien

à franceinfo

Il déplore même une situation pire que ce qu'il prévoyait : "En 1988, la gravité des feux était calculée de 0 à 100. Un incendie à 100 était le pire qui pouvait se produire. Mais en 2009, les incendies [qui sévissaient dans l'Etat de Victoria] étaient déjà si importants que 100 était un niveau trop bas", raconte-t-il. Dix ans plus tard, le nombre de foyers s'est même multiplié et le feu a emporté plus de 80 000 kilomètres carrés de terres.  

Une maison à Quaama (Australie)  été ravagée par les incendies, le 6 janvier 2020.
Une maison à Quaama (Australie)  été ravagée par les incendies, le 6 janvier 2020. (SAEED KHAN / AFP)