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Armes chimiques en Syrie : les enquêteurs de l'ONU arrivent-ils trop tard?

Quatre jours après l'attaque chimique présumée de mercredi près de Damas, le pouvoir syrien a donc accepté ce dimanche que des inspecteurs de l'Onu se rendent sur le site ce lundi. Ils ont promis un cessez-le-feu. Mais les Américains comme les Britanniques estiment que des "preuves pourraient avoir été détruites". François Géré, le président de l'Institut français d'analyse stratégique estime lui que cette enquête permettra de faire toute la lumière très rapidement sur cette affaire.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (Khaled Al Hariri Reuters)

Cette équipe de l'ONU dirigée
par le suédois Aake
Sellström et composée d'une vingtaine de scientifiques et de
spécialistes des armes chimiques est sur place depuis le 18 août avec tout son matériel.

Ils "vont pouvoir pratiquement en situation réelle effectuer
des mesures et des prélèvements sur des traces et donc des indices frais. On
aura donc immédiatement des indications sur la nature du produit. C'est très important.
On pourra mesurer le degré de professionnalisme de ceux qui ont utilisé cette
substance"
affirme sur France Info François Géré,
le président de l'Institut français d'analyse stratégique.

Autrement dit,  on devrait pouvoir savoir qui est à origine de cette présumée attaque chimique. Le pouvoir syrien comme le pense la communauté internationale, les rebelles comme l'affirme Damas.

Ainsi dans une interview au quotidien russe Izvestia, Bachar al-Assad
juge "insensées " les accusations occidentales : "Les déclarations faites par des hommes politiques aux Etats-Unis et en Occident sont une insulte au bon sens et témoignent du mépris quant à l'opinion
de leur peuple. C'est un non-sens: accuser d'abord et recueillir les preuves ensuite".

Mais pour le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, il est peut-être déjà trop tard : "Le fait est que la plupart des preuves pourraient avoir été détruites. D'autres preuves peuvent avoir été endommagées au cours des derniers jours et d'autres peuvent avoir été trafiquées."

"trop tard pour être
crédible" (John Kerry)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry pense la même chose. Il estime que cette enquête vient "trop tard pour être
crédible, notamment parce que les preuves disponibles ont été
largement altérées par les bombardements continus menés par le régime et d'autres
actes délibérés ces cinq derniers jours".

Après les menaces américaines et l'appel à
coopérer lancé par Moscou à Damas, le régime syrien a donc accepté
que les inspecteurs de l'ONU se
rendent sur le site de la présumée attaque chimique. Et les Nations unies
ont indiqué que les autorités syriennes avaient promis d'observer
un cessez-le-feu durant cette visite..

 

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