Après l'UE jeudi, France, Allemagne et Pologne ont salué vendredi l'appel de Barack Obama pour un Etat palestinien

Lors d'un discours sur le Moyen-Orient au département d'Etat à Washington, le président américain a plaidé jeudi pour un futur Etat palestinien démilitarisé dans les frontières de 1967.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, reçu vendredi par le président américain à la Maison blanche, a immédiatement exclu un retrait sur ces lignes.

Barack Obama pendant son discours au Département d\'Etat le 19 mai à Washington
Barack Obama pendant son discours au Département d'Etat le 19 mai à Washington (Mark Wilson - Getty Images - AFP)

Lors d'un discours sur le Moyen-Orient au département d'Etat à Washington, le président américain a plaidé jeudi pour un futur Etat palestinien démilitarisé dans les frontières de 1967.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, reçu vendredi par le président américain à la Maison blanche, a immédiatement exclu un retrait sur ces lignes.

"Les frontières d'Israël et de la Palestine devraient être fondées sur les lignes de 1967 avec des échanges sur lesquels les deux parties seraient d'accord, afin d'établir des frontières sûres et reconnues pour les deux Etats", a déclaré Barack Obama.

"Le retrait complet et graduel des forces militaires israéliennes devrait être coordonné dans l'idée d'une responsabilité de la sécurité palestinienne dans un Etat souverain et non-militarisé", a encore dit le président des Etats-Unis, dans un discours très attendu sur le Moyen-Orient au département d'Etat.

"Il faudra se mettre d'accord sur la durée de cette période de transition, et l'efficacité des accords de sécurité devra être démontrée", a-t-il ajouté, sans pour autant dévoiler un plan de paix américain.

Barack Obama a déconseillé par ailleurs aux Palestiniens de tenter d'isoler Israël aux Nations Unies lors de la prochaine assemblée générale. "Pour les Palestiniens, des efforts visant à priver Israël de sa légitimité tourneront à l'échec. Les actes symboliques destinés à isoler Israël aux Nations unies en septembre ne créeront pas un Etat indépendant", a-t-il dit.

L'Union européenne a "salué chaleureusement" vendredi l'appel du président américain en faveur d'un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967. La chancelière allemande Angela Merkel a estimé que Barack Obama avait délivré "un message très important" sur le processus de paix. Outre l'Allemagne, la Pologne et la France soutiennent la position d'Obama sur le conflit au Proche-Orient, a indiqué le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski à l'issue d'une rencontre avec ses homologues français et allemand.

Réactions israélienne et palestiniennes
En Israël, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, vendredi à Washington, a réagi au discours d'Obama en écartant tout "retrait aux lignes de 1967". Il a exclu que des "centres majeurs de population israélienne en Judée-Samarie (Cisjordanie) se retrouvent de l'autre côté de la frontière", allusion aux principaux blocs de colonies juives en Cisjordanie.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a réagi en appelant Israël à "donner au processus de paix la chance qu'il mérite", convoquant la direction palestinienne pour "une réunion d'urgence".

Le Hamas a jugé de son côté qu'il n'y avait "rien de nouveau" dans ce discours et a appelé Barack Obama à préférer aux "slogans" "des actes concrets pour protéger les droits des Palestiniens". Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a rejeté ses appels à une reprise des négociations de paix et à une reconnaissance d'Israël par le mouvement islamiste.

La question des colonies
300.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie. Des colonies qui sont toutes illégales du point de vue du droit international (Conventions de Genève). Sans compter plus de 200.000 Israéliens qui vivent dans la partie orientale de Jérusalem, annexée par Israël en 1967 et dont les Palestiniens entendent faire leur capitale.

Si Israël est prêt à des retraits, il veut annexer les grands blocs de colonies. Et, à Jérusalem, il entend garder le contrôle du "Bassin sacré", comprenant la Vieille ville, site de certains des principaux lieux saints des trois religions monothéistes. Les Palestiniens s'y opposent catégoriquement.

Les Palestiniens réclament un gel de la colonisation. Au moment même où Barack Obama s'exprimait, une ONG révélait à Jérusalem qu'Israël avait approuvé la construction de 1.520 nouveaux logements dans deux quartiers de colonisation juive dans la partie orientale annexée de la Ville sainte.

Monde arabe: Washington du côté des manifestants, selon Obama
Concernant le monde arabe, touché par une succession de révoltes depuis six mois, Barack Obama a placé résolument son administration du côté des manifestants pour la démocratie. Faute d'un changement d'approche impératif, l'Amérique fera face à une profonde rupture avec le monde arabe, a assuré le président américain.

Il s'en est pris en particulier au président syrien Bachar al-Assad. "Le peuple syrien a montré son courage en exigeant une transition vers la démocratie", a commenté Barack Obama: "Le président Assad est maintenant face à un choix. Il peut diriger la transition, ou s'écarter". Barack Obama a aussi exigé la fin des violences contre les manifestants, la libération des prisonniers politiques, et l'accès des groupes de défense des droits de l'homme "dans des villes comme Deraa", foyer de la contestation syrienne.

Le président américain a par ailleurs accusé la Syrie de "suivre son allié iranien", qui l'aide selon lui à organiser la répression.

Concernant Bahreïn, allié précieux des Etats-Unis dans le Golfe persique, Barack Obama a réclamé un "vrai dialogue" entre le pouvoir et l'opposition. Il a aussi rappelé que le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, devait respecter ses engagements concernant la transition du pouvoir.

Revenant sur la mort d'Oussama Ben Laden sous les balles d'un commando américain, Barack Obama a souligné que les Arabes voient l'extrémisme d'Al-Qaïda comme "une impasse". Ben Laden est "un meurtrier de masse", et dès avant sa mort, son réseau "perdait sa lutte... car l'immense majorité des gens ont vu que le massacre d'innocents ne répondait pas à leur quête d'une vie meilleure", a déclaré le président américain.