Chili : un accord historique trouvé pour réviser la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet

La Constitution date d'il y a trente ans. L'objectif de cet accord est d'apaiser la violente crise sociale qui secoue le pays depuis près d'un mois. Les Chiliens seront appelés à se prononcer dans les urnes sur ce changement en avril 2020.

Des manifestants tiennent un drapeau chilien, le 12 novembre 2019, à Santiago (Chili).
Des manifestants tiennent un drapeau chilien, le 12 novembre 2019, à Santiago (Chili). (RODRIGO ARANGUA / AFP)

Un accord historique. Les partis politiques au Chili sont parvenus à s'entendre, vendredi 15 novembre, au Parlement, pour organiser un référendum en avril 2020 afin de réviser la Constitution héritée voilà trente ans de la dictature d'Augusto Pinochet. L'objectif est de tenter d'apaiser la violente crise sociale qui secoue le pays depuis près d'un mois, car la révision de la Constitution figure en bonne place dans les revendications des manifestants, qui protestent depuis le 18 octobre. Les manifestations, qui ont fait 22 morts et plus de 2 000 blessés, restent massives.

Le référendum comportera deux questions : l'une sur la révision ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, selon le président du Sénat Jaime Quintana. Cette seconde question devra déterminer quel organe rédigera la future Constitution, soit un congrès mixte, idée soutenue par la coalition gouvernementale, composé à parts égales de membres élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une assemblée constituante intégralement composée de membres élus à cette fin. Cette seconde idée est soutenue par l'opposition.

"La politique prend son destin en main"

"C'est une réponse de la politique au sens le plus noble du terme, la politique qui pense au Chili, qui prend son destin en main et qui assume ses responsabilités", a affirmé lors d'une conférence de presse matinale Jaime Quintana. Membre du Parti pour la démocratie (opposition de centre-gauche), il s'exprimait aux côtés d'autres responsables de partis, hormis le Parti communiste.

Si le projet de révision est validé par référendum, l'élection des membres de l'une ou l'autre de ces instances se fera en octobre 2020, au suffrage universel en même temps que les élections municipales et régionales. La ratification de la nouvelle Constitution s'effectuera au suffrage universel, avec vote obligatoire pour l'occasion. L'accord est intervenu au sein d'un Congrès où aucun bloc ne dispose d'une majorité des deux tiers nécessaire pour une révision constitutionnelle.