En Tunisie, l’éducation sexuelle au programme dès la maternelle

Pour faire face au fléau du harcèlement, le ministère de l’Education nationale introduit une nouvelle matière jusque-là taboue.

Des élèves dans une école primaire à Tunis en septembre 2015.
Des élèves dans une école primaire à Tunis en septembre 2015. (ANIS MILI / Reuters)

Suite à des révélations récentes sur des cas de violences sexuelles et de harcèlement, les autorités tunisiennes ont décidé d’intégrer l’éducation sexuelle dans les établissements scolaires pour mieux informer les plus jeunes. C’est l’affaire d’un enseignant pédophile qui a servi d’électrochoc. En mars 2019, les Tunisiens ont appris que plusieurs élèves avaient été agressés par leur instituteur. Dans la foulée, le ministre de l’Education a souligné la nécessité de sensibiliser les enfants sur ce problème et promis d’introduire des cours d’éducation sexuelle à l'école.

Sensibilisation dès 5 ans

Les premiers cours d’éducation sexuelle seront dispensés dès cette année et concerneront les élèves de maternelle à partir de cinq ans. Il s’agit pour les plus petits de "modules pédagogiques avec des définitions très simples" pour les aider à bien comprendre leur corps, explique Arzak Khnich, directrice de l'Association tunisienne de la santé de la reproduction à la radio locale Mosaique FM.

Des cours adaptés à la culture islamique

Pour ne pas heurter les esprits sensibles et éviter tout malentendu, il n'y aura pas une matière indépendante nommée "éducation sexuelle", mais le sujet sera intégré dans d’autres cours, comme les sciences de la vie et de la terre ou l'éducation physique. Les programmes seront aussi "adaptés à la culture islamique" pour rassurer les milieux conservateurs pour qui l’éducation sexuelle est souvent associée à la dépravation.

Si la sexualité reste taboue, l’éducation sexuelle et les campagnes de sensibilisation existent en Tunisie depuis les années 1990, comme le rappelle Middle East Eye. L’information était transmise "de manière confidentielle" dans le cadre d’ateliers mis en place pour les jeunes, afin de les informer sur les maladies sexuellement transmissibles, notamment le sida. C’est la première fois que l’éducation sexuelle trouve sa place dans les établissements scolaires à une échelle nationale.