Coronavirus au Soudan du Sud : 60 000 doses d'AstraZeneca détruites faute de volontaires

En raison de nombreuses rumeurs et d'une date de péremption trop proche, les vaccins n’ont pas trouvé preneurs.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Une campagne de vaccination anti-Covid-19 à l'hôpital de Nairobi, au Kenya, en avril 2021. (ROBERT BONET / NURPHOTO)

Le Soudan du Sud, l’un des pays les plus pauvres au monde, va détruire 60 000 doses de vaccins anti-Covid AstraZeneca reçues en don. La date limite d'utilisation a expiré avant que les doses ne soient utilisées, comme l’a annoncé un responsable du ministère de la Santé.

Que s'est-il passé ?

Fin mars 2021, le Soudan du Sud a reçu plus de 100 000 doses du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19. Il s'agissait de la toute première livraison d'une série d'expéditions de vaccins via le dispositif Covax, un partenariat mondial créé pour que tous les pays puissent avoir un accès équitable aux vaccins anti-Covid.

Cette livraison était essentiellement destinée au personnel de santé et aux personnes âgées de 65 ans et plus. Mais la campagne de vaccination a mis une semaine avant de se mettre en place alors que la durée de vie d'une partie du stock offert n’était que de 14 jours. Trop court pour s’organiser dans un climat de méfiance.

"Le problème, c'est les rumeurs, les rumeurs que les gens souffrent d'effets secondaires, que le vaccin n'est pas sûr"

Richard Lako, gestionnaire de la crise Covid-19 au ministère de la Santé

à l'AFP

Une rumeur d'impuissance

Comme dans d'autres pays d'Afrique ou du monde, de nombreuses personnes ont eu peur de se faire vacciner en raison des possibles effets secondaires dont ils entendent parler. De nombreuses fausses informations mettent en cause l’efficacité du vaccin et certaines rumeurs vont même jusqu'à affirmer qu’il rend impuissant.

Les 60 000 doses offertes par l’Union africaine n'ont donc servi à rien. Le Soudan du Sud a jusqu'ici officiellement enregistré plus de 10 000 cas de Covid-19, dont une centaine de mortels. Cette évaluation est toute relative puisque le pays, qui manque de moyens, a effectué à peine 150 000 tests de dépistage.

Même problème au Malawi

Cette situation n’est pas unique en Afrique. Le Malawi s’apprête à détruire 16 000 milles doses de vaccin AstraZeneca non-utilisées. En cause là aussi, le manque d’organisation, la désinformation et les théories du complot qui circulent en force.

Depuis les premières vaccinations lancées en mars 2021, le Malawi a seulement vacciné 300 000 personnes sur les 11 millions ciblées. La réticence face au vaccin AstraZeneca ne fait que retarder une campagne déjà mal en point. Les spécialistes de santé redoutent l’impact de ce retard et s’attendent à un pic de la pandémie "lors des six à huit prochaines semaines", comme l’a précisé à l’AFP l''immunologiste Gama Bandawe.

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