Reportage Au Sénégal, l'opposition tente de mobiliser la population après la prolongation du mandat du président Macky Sall

Si certains opposants gardent l'espoir de galvaniser la contestation après le vote du report de l'élection présidentielle, dans la rue les manifestations ont cessé.
Article rédigé par France Info - William de Lesseux
Radio France
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Temps de lecture : 1 min
Le palais présidentiel à Dakar, 3 février 2024. (JEROME FAVRE / MAXPPP)

L’opposition cherche encore la solution au Sénégal, face au coup de force de la majorité et la prolongation du mandat du président Macky Sall. Plusieurs options sont sur la table parmi lesquelles une manifestation, une journée de grève générale... Est-il encore possible de faire reculer le pouvoir ? Certains veulent y croire. Mais le chef de l’Etat semble avoir réussi son coup, qui ne souffre d'aucune contestation immédiate dans la rue.

On ne peut pas le rater, avec son gilet orange dans la poussière du quartier populaire de Dieuppeul, à Dakar, Ousmane Diaité, agent municipal, est en désaccord avec le président et pourtant : "Il faut qu'on laisse passer parce que, lui, il a pris l'armée. Il a tout, la police, la gendarmerie, il a tout devant lui. Les Sénégalais, on ne peut rien faire."

Résignation, voire soutien : pour Ndeye Fatou Cissé, vendeuse de pain au thon, la spécialité du petit déjeuner, "Macky Sall est le meilleur. Il va terminer ce qu'il a commencé. C'est ce qu'il veut. Pour moi, il n'y aura aucun problème. Le président Sall a bien fait, il n'a pas fait un coup d'Etat."

Appel à la désobéissance civile

Non loin de là, dans un lieu discret, l’opposition poursuit ses tractations. La colère des électeurs, privés de vote, va éclater, prévoit le député Guy Marius Sagna : "Nous travaillons aujourd'hui à la constitution d'un front, le plus large possible, des forces vives du Sénégal, pour ensemble dire non. L'avenir du Sénégal est entre les mains des Sénégalais. C'est pourquoi nous continuons à inviter le peuple sénégalais à la désobéissance civile face à ce projet de confiscation du pouvoir du peuple souverain."

L’opposition compte, enfin, déposer un recours devant le Conseil constitutionnel. Peine perdue, répond déjà le pouvoir, pour qui ce report de l’élection semble maintenant acquis.

Reportage au Sénégal de William de Lesseux

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