Nigeria : près de 1 000 membres présumés de Boko Haram innocentés et libérés

Selon le gouverneur de l'État de Borno, les personnes libérées n'étaient pas des jihadistes de Boko Haram, mais des suspects qui ont été "blanchis des infractions reprochées".

Les détenus libérés par l\'armée nigériane se rendent à une cérémonie pour être réintégrés, à Maiduguri (Nigéria), le 27 novembre 2019
Les détenus libérés par l'armée nigériane se rendent à une cérémonie pour être réintégrés, à Maiduguri (Nigéria), le 27 novembre 2019 (AUDU MARTE / AFP)

L'armée nigériane a libéré, mercredi 27 novembre, près de 1 000 détenus soupçonnés d'appartenir à Boko Haram, après les avoir innocentés de tout lien supposé avec le groupe jihadiste. Incarcérés dans une prison militaire de la ville de Maiduguri, ils ont été confiés aux autorités civiles pour leur "réhabilitation et intégration".

Le commandant de l'armée nigériane, Olusegun Adeniyi, a déclaré lors d'une cérémonie que les personnes libérées avaient "préalablement fait l'objet d'une enquête et innocentées". Selon le gouverneur de l'État de Borno, les personnes libérées n'étaient pas des jihadistes de Boko Haram, mais des suspects qui, après enquête, ont été "blanchis des infractions reprochées"

L'armée nigériane épinglée par des groupes de défense des droits de l'homme

L'un des détenus libérés a affirmé avoir été arrêté dans la rue parce qu'il n'avait pas pu fournir de pièce d'identité valide à des soldats lors d'un contrôle. "Je n'ai jamais été membre de Boko Haram, mais j'ai passé quatre ans en détention", a-t-il déclaré aux journalistes.

Des groupes de défense des droits de l'homme ont régulièrement accusé l'armée de procéder à des arrestations massives et arbitraires de citoyens innocents au cours des dix années de lutte contre l'insurrection jihadiste. En octobre, l'armée avait libéré 25 enfants après la publication d'un rapport accablant de Human Rights Watch, accusant des militaires d'être à l'origine de maltraitance et de torture à l'encontre d'enfants détenus.