Ce qui attend l'ex-otage Serge Lazarevic de retour en France

Il doit suivre la même procédure que ses prédécesseurs : des examens médicaux et psychologiques, et un débriefing avec les services secrets français.

L\'ex-otage Serge Lazarevic, accompagnée de sa fille, Diane, à son arrivée à la base militaire de Villacoublay (Yvelines), le 10 décembre 2014.
L'ex-otage Serge Lazarevic, accompagnée de sa fille, Diane, à son arrivée à la base militaire de Villacoublay (Yvelines), le 10 décembre 2014. (MARTIN BUREAU / AFP)

Fin du calvaire pour Serge Lazarevic. L'otage français retenu plus de trois ans dans le Sahel par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est rentré en France, mercredi 10 décembre, au lendemain de l'annonce de sa libération. "La vie est belle de retrouver la liberté", a-t-il lancé à son arrivée sur la base militaire de Villacoublay (Yvelines). Mais après les retrouvailles avec ses proches, Serge Lazarevic ne pourra pas tout de suite retourner à la vie normale. Francetv info revient sur les passages obligés pour tous les otages de retour en France.

Des examens médicaux pour évaluer son état de santé

Lors de sa dernière apparition avant sa libération, dans une vidéo diffusée par Aqmi en novembre, Serge Lazarevic tenait des propos alarmants sur sa santé. "Je suis très malade, j'ai mal au rein, je souffre d'hypertension très haute, d'asthme, d'un ulcère et de mon genou", indiquait-il, lisant manifestement un texte préparé par ses ravisseurs. Mardi, il a tenu à rassurer, dès ses premières déclarations d'homme libre : "J'ai perdu une vingtaine de kilos, mais ça va !" 

Reste que la première priorité des autorités est de s'assurer de la santé d'un otage sorti de captivité. Un médecin a fait un premier check up dans l'avion qui le ramenait en France, et le ministère des Affaires étrangères confirme qu'"il va bien". Après les retrouvailles avec ses proches, il a été conduit à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, pour des examens plus poussés.

Se reconstruire psychologiquement

Au Val-de-Grâce, Serge Lazarevic devrait aussi passer des examens psychologiques. En effet, passée "l'euphorie extraordinaire" de la libération, "commencent les réminiscences, des pensées, des images, des cauchemars", prévient le Dr Gérard Lopez, psychiatre interrogé par l'AFP. L'ex-otage en Afghanistan Hervé Ghesquière reconnaît ainsi être "passé par une phase" où il était "très nerveux, très irritable". Le traumatisme de la détention peut occasionner une dépression, des troubles du sommeil, de la concentration ou de l'humeur, et laisser des séquelles psychologiques durables. Les psychiatres recommandent aux otages de bénéficier d'un suivi psychologique régulier après leur retour.

Un débriefing immédiat avec les services secrets

Le travail des services secrets français ne s'arrête pas à la libération des otages. Au contraire, ces derniers représentent une source précieuse de renseignements sur leurs ravisseurs, et font l'objet d'un débriefing en deux étapes. Un premier entretien avec un agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a lieu à chaud, dès la fin de la captivité de l'otage, parfois dans l'avion du retour. Il faut agir vite pour tirer un maximum de la mémoire et des émotions immédiates de l'ex-otage, avant que certains souvenirs ne s'estompent.

Un entretien plus poussé a lieu après le retour en France, sans laisser passer un temps trop long, "pour ne pas raviver de mauvais souvenirs", explique un commandant du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Les agents demandent à l'otage un maximum de détails sur son lieu et ses conditions de détention, ou encore le comportement des ravisseurs et leurs éventuelles dissensions. Des détails parfois anodins en apparence, mais qui peuvent aider les agents à mieux connaître le terrain. Le témoignage de Thierry Dol, libéré en octobre 2013, avait ainsi livré des informations sur la santé de Serge Lazarevic, avec qui il avait partagé une partie de sa détention.