L’Afrique devrait bénéficier plus amplement du Fonds vert pour le climat, abondé à hauteur de 8,8 milliards d'euros

Malgré le retrait des Etats-Unis, les pays donateurs du Fonds vert pour le climat se sont engagés à verser 8,8 milliards d’euros pour financer des projets de développement durable jusqu’en 2024. L'Afrique a encore peu bénéficié de ce Fonds vert lancé en 2011. 

Un technicien de la centrale solaire de Bokhol, dans le nord du Sénégal, inaugurée en octobre 2016. Une centrale de 20 MGW, soit 75 000 panneaux qui s\'étendent sur 40 hectares.
Un technicien de la centrale solaire de Bokhol, dans le nord du Sénégal, inaugurée en octobre 2016. Une centrale de 20 MGW, soit 75 000 panneaux qui s'étendent sur 40 hectares. (SEYLLOU / AFP)

Le retrait américain décidé par Donald Trump laissait craindre le pire, mais les 24 pays donateurs du Fonds vert pour le climat (FVC), réunis le 25 octobre 2019 à Paris, ont réussi à recharger l’enveloppe initiale de 8,8 milliards d’euros. Un désengagement américain compensé par une hausse des contributions de 13 pays donateurs, dont la France qui a doublé la sienne à 1,5 milliard d’euros. Le Japon reste le premier contributeur historique, avec 3 milliards de dollars d’apports cumulés depuis la création du fonds fin 2011.

Ce Fonds vert climat est le mécanisme financier de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques. En février 2016, il avait levé 10,2 milliards de dollars de capitaux pour financer des projets d’adaptation et d’atténuation du changement climatique dans les pays en développement. Une première enveloppe qui avait essentiellement bénéficié à l'Asie et à l'Amérique latine.

Le continent africain ne parvient à mobiliser autant que les autres régions du monde les financements de ce FVC. Des pays africains pas toujours en capacité de monter des dossiers documentés techniquement et financièrement. Mais les choses s'accélèrent depuis mars 2016, depuis que la Banque africaine de développement (BAD) a été accréditée pour puiser dans ce fonds. La BAD s'est également engagée à tripler ses propres financements climatiques pour les porter à 5 milliards de dollars par an. 

L'Afrique monte en puissance

Le Fonds vert aide notamment les communautés vulnérables à s’adapter aux impacts, déjà ressentis, des changements climatiques. Avec quelques priorités :

-Production et accès à l’énergie : centrales solaires, électrification en milieu rural, raccordement aux réseaux électriques, extension des réseaux.
-Transports, forêts, bâtiments et industrie sont les autres secteurs susceptibles d’être financés.
-Création de villes climato-compatibles, encouragements à une agriculture à faible émission de carbone, renforcement de la résilience des petits Etats insulaires en développement.

En 2017, le Sénégal avait bénéficié d'un premier programme de restauration de terres salinisées.

En 2018, deux projets africains ont été examinés : le projet Ouganda qui renforce l’adaptation des petites villes et des communautés périurbaines au changement climatique, pour un montant estimé à environ 2,25 millions de dollars. L'autre projet, l'"Amélioration des capacités d’adaptation et de la diversification des moyens de subsistance pour les populations rurales pauvres du Nord du Malawi", est estimé à 4,66 millions de dollars.

L’objectif global de ce Fonds vert adopté à la conférence de Copenhague sur le climat de 2009, puis confirrmé à la COP 21 de Paris, est de maintenir l’élévation moyenne de la température de la planète en dessous de 2°C.