VIDEO. Le président égyptien destitué

Il aura suffi de quatre jours pour renverser le président Morsi. Coup d'Etat ou coup de main aux laïcs ? Sur la place Tahrir, en tout cas, la liesse est immense.

Des images étonnantes nous viennent du Caire ce mercredi 3 juillet : à quelques mètres les uns des autres, pro et anti-Morsi sont séparés par des militaires, qui mettent un peu d'ordre en attendant le déploiement des blindés. Car les premières échauffourées entre les deux camps ont vite éclaté.

Dans le camp des islamistes - plusieurs quartiers du Caire encerclés par la police et les militaires - on est sous le choc après le départ contraint et forcé du président Morsi : "C'est un coup d'Etat militaire ; cela veut dire que l'armée se replace dans la vie politique", analyse Mohamed al-Beltagy, l'un des dirigeants des Frères musulmans. Coup d'Etat, ou au moins coup de force : dans les parties stratégiques de la ville, le déploiement de forces armées est massif. Le personnel de la télévision d'Etat a été invité à rentrer chez lui.

Sur la place Tahrir, la fête bat son plein ce soir. Les manifestants anti-Morsi, eux, applaudissent l'intervention militaire et scandent : "L'armée et le peuple sont unis." Mais pas question pour le chef d'état-major des armées, le général Al-Sissi, de prendre officiellement les rênes du pays : il annonce en direct à la télévision la suspension de la constitution et la tenue d'élections législatives dans les plus brefs délais. Signe d'une préférence pour l'avenir ? le retour remarqué du Prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei.

*Ce soir, Mohamed Morsi s'est exprimé : il se considère toujours comme le président égyptien.

 

Des manifestants anti-gouvernementaux usent de projections de laser pour afficher des slogans de contestation place Tahrir au Caire (Egypte), le 2 juillet 2013.
Des manifestants anti-gouvernementaux usent de projections de laser pour afficher des slogans de contestation place Tahrir au Caire (Egypte), le 2 juillet 2013. (KHALED DESOUKI / AFP)