Défilé des momies royales au Caire : "Cela entretient l'intérêt pour l'égyptomanie", estime Robert Solé

Des momies de l'Egypte antique vont former un cortège inédit samedi soir, lors d'un "défilé des pharaons", entre le musée du Caire et le Musée national de la civilisation égyptienne.

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Des personnes prennent des photos des restes momifiés de la reine Hatchepsout en 2007 au musée du Caire. Photo d'illustration. (CRIS BOURONCLE / AFP)

Vingt-deux momies de rois et reines de l'Egypte antique, parmi lesquels Ramsès II, défilent dans les rues du Caire, en Egypte, pour rejoindre la nouvelle demeure des pharaons, le Musée national de la civilisation égyptienne. Un trajet de 7 km qui se fait avec "toutes les précautions pour ne pas abîmer ces momies", a tenu à souligner samedi 3 avril sur franceinfo l'égyptologue Robert Solé. Ce trajet vers la nouvelle demeure des pharaons "entretient l'intérêt pour l'Egypte et l'égyptomanie", se réjouit également Robert Solé.

franceinfo Qui sont ces momies ?

Robert Solé : Ces momies sont des rois, des reines, des princes, des princesses du nouvel empire. Et parmi eux, il y a Ramsès II, son père Séthi I, de grandes figures. C'est en 1881 qu'un premier lot de momies royales a été découvert dans un puit, où il se trouvait caché depuis 2 800 ans. Il y a eu un autre groupe qui a été découvert en 1898.

Dans quelles conditions se fait ce trajet ?

On a pris toutes les précautions pour ne pas abîmer ces momies. Elles sont conservées dans des vitrines aseptisées, sans oxygène, les gaz, la chaleur, la luminosité sont contrôlés. On va éviter l'humidité et les vibrations sur le parcours, car elles vont parcourir environ 7 km.

C'est l'histoire de la civilisation qui défile dans les rues du Caire pour la première et dernière fois ?

Ce n'est pas tout à fait la première fois. Il y a un épisode qu'on a oublié, en 1976, quand Ramsès II a quitté le musée du Caire pour aller à l'aéroport du Caire pour prendre l'avion. C'était le premier pharaon qui prenait l'avion pour aller en France pour se faire soigner. Elle a été accueillie au Bourget par la garde républicaine. Ramsès II a été conduit au Musée de l'Homme, où un laboratoire spécial avait été installé. Au passage, il avait fait un petit tour place de la Concorde pour admirer son Obélisque, offert à la France de Charles X.

Les momies rejoignent un nouveau musée au Caire, mais qui n'est pas le grand musée égyptien construit près des pyramides. Pourquoi ne pas tout regrouper ?

Par ce qu'il y avait beaucoup trop de choses. Il y a ce grand musée au pied des pyramides qui va ouvrir cette année, en principe. C'est un immense musée d'antiquités où il y aura notamment le trésor de Toutânkhamon. Et il y a un autre musée, ce musée de la civilisation, qui va balayer toute l'histoire égyptienne, de la préhistoire à aujourd'hui, sur tous les thèmes possibles et inimaginables. C'est là qu'on va installer somptueusement ces momies royales. L'Egypte a le Canal de Suez, elle a d'autres atouts. Mais c'est vrai que la civilisation égyptienne est d'une richesse incomparable. Aucune autre civilisation ne nous a laissé de telles merveilles.

Certain prédisent que ce transport des momies va relancer la malédiction des pharaons.

C'est une vaste blague qui a commencé en 1922 quand on a découvert le trésor de Toutânkhamon. Là, on s'est imaginé qu'il y avait une malédiction du pharaon. Chaque fois qu'il y a une grande découverte, ou chaque fois que l'on touche à un pharaon, il y a des gens pour parler des malédictions. Mais cela entretient l'intérêt pour l'Egypte, cela entretient l'égyptomanie. Ce n'est pas plus mal finalement.

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