Brexit : le Royaume-Uni recherche de nouveaux partenaires commerciaux en Afrique

Londres entend approfondir et redéfinir ses relations commerciales avec le continent africain alors qu’il s'apprête à sortir de l'Union européenne.

Les représentants de 21 pays africains ont participé au sommet UK- AFRICA organisé le 20 janvier 2020 à Londres en présence du Premier ministre britannique Boris Johnson (au centre de la photo).
Les représentants de 21 pays africains ont participé au sommet UK- AFRICA organisé le 20 janvier 2020 à Londres en présence du Premier ministre britannique Boris Johnson (au centre de la photo). (BEN STANSALL / POOL)

Londres organisait le 20 janvier 2020 un sommet économique en présence des représentants de 21 pays africains dont les présidents égyptien, kényan, nigérian et ghanéen. Le Royaume-Uni est à la recherche de relations commerciales nouvelles, alors que le Brexit mettra fin à 47 ans d'échanges privilégiés avec l'Union européenne. L’UE représentait en 2018, 43% de ses exportations et 53% de ses importations.

Regarder moins vers l’Europe, plus sur le grand large, tel est le défi de la Grande-Bretagne qui mise notamment sur les pays africains et ceux du Commonwealth (Inde, Canada, Australie…) pour rebondir. Même s’ils ne représentent respectivement que 3% et 9% des échanges britanniques.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a plaidé pour que le Royaume-Uni devienne l'"investisseur de choix" des pays africains, promettant 7 milliards de livres sterling d’investissement immédiat. Investir plus massivement sur le continent africain, en s’appuyant sur la capacité de la place financière de Londres à mobiliser les capitaux.

Vin sud-africain, plutôt que du vin français

Les pays africains ne seront pas épargnés par les conséquences du Brexit. La plupart des accords commerciaux que le Royaume-Uni a passés avec les pays africains ont été négociés par l’intermédiaire de l’UE. Ce qui signifie que ces accords ne seront plus valables et devront être renégociés lorsque Londres quittera effectivement l’Union européenne. Selon les autorités britanniques, ces discussions ont déjà commencé pour éviter trop de perturbations.

En sortant de l’UE, la Grande-Bretagne pourra établir des accords plus directs (bilatéraux) avec des pays africains, notamment ceux qui comptent pour elle comme l’Afrique du Sud ou le Nigeria où les entreprises britanniques sont présentes depuis des décennies dans les secteurs clés des matières premières ou des télécoms.

Ce qui est clair, c’est que la Grande-Bretagne doit renégocier ces accords commerciaux de transition, ne serait-ce que pour continuer à commercer comme avant. En septembre 2019, Londres a signé un accord de partenariat économique avec les pays de l’Afrique australe. Des discussions se poursuivent avec l’Angola, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire. Mais ses "accords de continuité" ou de "transition" finiront un jour par s'épuiser. C'est à ce moment-là que les véritables possibilités et défis pour les Etats africains apparaîtront.

Le Royaume-Uni se dit "plus ouvert" aux migrants venus d'Afrique

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré aux dirigeants africains que le Royaume-Uni serait plus ouvert aux migrants du continent africain après le Brexit. Il a souligné que la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne à la fin du mois de janvier marquerait la fin du traitement de faveur des migrants européens.

Boris Johnson, dont le pays va accueillir la COP26 à Glasgow en fin d'année 2020, a également annoncé une modification de la stratégie d'investissement britannique pour contribuer à lutter contre le réchauffement climatique. "Ca n'a pas de sens pour le Royaume-Uni de réduire la quantité de charbon que nous consommons" si c'est pour encourager dans le même temps les Etats africains à en utiliser davantage, a-t-il argué. "Plus le moindre centime des contribuables britanniques ne sera directement investi dans l'extraction de charbon ou sa combustion pour produire de l'électricité, a poursuivi Boris Johnson. Nous allons à la place nous concentrer sur le soutien à la transition vers des alternatives zéro ou bas carbone."