Au Cameroun, le football féminin gagne du terrain

Dans la capitale Yaoundé, la première académie de football professionnel pour les femmes a été lancée. Malgré les a priori, les jeunes filles du pays se passionnent pour le ballon rond.

La photographe Zohra Bensemra et la journaliste Josiane Kouagheu de l'agence Reuters ont suivi pendant plusieurs jours en mai 2019, le quotidien, les entraînements et les matchs de deux adolescentes, Gaelle Dule Asheri et Ida Daniela Pouadjeu, licenciées de la Rails Football Academy (RFA).

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Gaelle Dule Asheri, 17 ans, et son amie Ida Daniela Pouadjeu, 16 ans, font partie de la première vague de filles à avoir été formées par des entraîneurs professionnels à la RFA de Yaoundé, la capitale du Cameroun. ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Emmanuel Eteme Biolo, entraîneur de l'équipe féminine des moins de 17 ans, explique que l'école forme actuellement environ 70 joueuses, dont la plupart sont issues de milieux très défavorisés. Sans cette structure, elles ne pourraient même pas avoir leurs propres chaussures de football. "Ici, elles ont tout : entraîneurs, maillots, équipements, physiothérapeute et les conseils que nous leur donnons constamment", déclare-t-il à Reuters. ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Première académie de football féminin du pays, inaugurée le 4 janvier 2019, la RFA a été fondée par la joueuse internationale camerounaise Gaelle Enganamouit. Elle vise à fournir une formation sport-études afin de permettre aux joueuses d'atteindre le milieu professionnel du football, précise le site Cameroun Sports.   ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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L'académie tire son nom des voies ferrées qui bordent les terrains de jeux dans la banlieue de Yaoundé. Les rails se transforment en tribune informelle pour les spectateurs. Ces derniers peuvent assister à des matchs amicaux qui opposent équipes masculines et féminines.  ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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L'attaquante Gaelle Enganamouit, dont le portait s'affiche sur les boutiques de la banlieue de la capitale, a remporté en 2015 le titre de meilleure joueuse africaine de l'année avec son équipe surnommée les Lionnes indomptables. Elle explique sur le réseau social camerounais Camerlinked : "Mon expérience personnelle m’a motivée à lancer ce projet. J’ai grandi dans les banlieues des chemins de fer à Yaoundé et ce n’était pas facile pour moi. Donc, avec l’opportunité que j’ai aujourd’hui, je pense qu’il est possible d’aider d’autres sœurs qui sont dans le besoin." ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Devant la télévision avec son père Emmanuel, la jeune joueuse Gaelle Dule Asheri ne rate aucun des matchs de son idole. Quant à son amie Ida Daniela Pouadjeu, elle raconte : "J'ai vu Gaelle Enganamouit jouer à la télévision. Je n'ai jamais raté un match. Elle joue si bien, je veux devenir comme elle." ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Mais au Cameroun, beaucoup de gens considèrent encore ce sport comme une activité uniquement réservée aux hommes. Au départ, les deux jeunes filles se sont heurtées à l'opposition des membres de leur famille. ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Gaelle Dule Asheri raconte qu'au début, sa mère Fouda Marie-Bernadette craignait de perdre sa fille à ce "jeu masculin". ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Quant à Ida Daniela, orpheline, elle a été élevée par sa tante. Cette dernière l’a mise en garde et lui a demandé de ne pas jouer au football, car "elle finirait par coucher avec toutes les filles de l'équipe". Mais aujourd'hui, Ida utilise tous les jours sur le terrain sa colère contre ces préjugés. "Je m'entraîne dur pour réussir et leur prouver qu'ils ont tort."   ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Aucune des deux joueuses n'ont voulu renoncer à leurs rêves de devenir professionnelles. Quand Gaelle Asheri se souvient des matchs pendant son enfance sur la terre battue avec ses cousins ​​et ses voisins, l'adolescente raconte : "J'ai ramassé le ballon, je l'ai botté et je n'ai jamais regardé en arrière."  ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Gamine, elle était la seule fille à faire partie des équipes amateurs. Et les exercices d'entraînement étaient moins difficiles que ceux des garçons. Mais même si elle a eu  l'habitude de jouer dans un univers masculin, aujourd'hui elle précise que pour pouvoir intégrer l'académie, elle a dû travailler très dur : "J'ai été obligé de faire des abdominaux (…), mes larmes ont coulé avec la sueur." ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Si en ce mois de mai les footballeuses sont accaparées par les dernières révisions avant les épreuves du baccalauréat, leur cœur continue de battre pour le ballon rond. ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS
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Le football féminin suscite un intérêt croissant à la Fédération internationale de football association. La Fifa espère que plus d'un milliard de téléspectateurs pourront regarder la Coupe du monde féminine qui se déroule en France du 7 juin au 7 juillet 2019. Les Lionnes indomptables, l’équipe nationale camerounaise, est l’une des trois équipes africaines à être qualifiées.   ZOHRA BENSEMRA/ REUTERS