Afrique du Sud. 12 000 mineurs d'or en "grève sauvage"

Selon leur employeur, le groupe Gold Fields, ces mineurs ont cessé de travailler mercredi en raison d'affrontements syndicaux.

Des mineurs se rassemblent sur les lieux où 34 de leurs collègues ont été tués par la police, dans la mine d\'extraction de platine de Marikana, à 100 km de Johannesbourg (Afrique du Sud), le 23 août 2012.
Des mineurs se rassemblent sur les lieux où 34 de leurs collègues ont été tués par la police, dans la mine d'extraction de platine de Marikana, à 100 km de Johannesbourg (Afrique du Sud), le 23 août 2012. (SIPHIWE SIBEKO / REUTERS)

AFRIQUE DU SUD - Les mines du pays sont en ébullition. Environ 12 000 employés d'une mine d'or sud-africaine se sont mis en grève en raison d'affrontements syndicaux, a annoncé vendredi 31 août leur employeur, le groupe Gold Fields. "Les employés de la section est de la mine d'or KDC dans le West Rand (banlieue ouest de Johannesbourg) ont entrepris une grève sauvage mercredi soir au moment de la prise de service de l'équipe de nuit", a indiqué la compagnie dans un communiqué.

Gold Fields, groupe coté à Johannesburg et New York, produit 3,5 millions d'onces d'or par an, selon son site internet. La société exploite huit mines en Australie, au Ghana, au Pérou et en Afrique du Sud. "Sur la base de rapports informels des salariés, la grève semble principalement liée à des désaccords au sein des organisations syndicales, bien que nous ne puissions pas le confirmer", précise le communiqué. La compagnie a obtenu une interdiction de la grève en justice.

270 mineurs inculpés de meurtre

Cette grève survient alors que les mineurs arrêtés le 16 août lors de la fusillade policière à Marikana, en Afrique du Sud, ont été inculpés du meurtre de leurs 34 camarades, en vertu d'une clause automatique de la loi. Cette clause prévoit en effet que soient inculpées de meurtre toutes les personnes arrêtées sur le site d'une fusillade impliquant la police, que les victimes soient des policiers ou non. 

Cette inculpation concerne donc 270 mineurs, les 259 arrêtés ainsi que les blessés qui ont été placés en état d'arrestation à leur sortie de l'hôpital. Le juge qui les a entendus jeudi a fixé la prochaine audience au 6 septembre, et a ordonné leur maintien en détention.

"C'est de la folie", s'est exclamé lors de l'audience Julius Malema, un jeune tribun populiste, expulsé en avril du parti au pouvoir. "Les policiers qui ont tué ces mineurs ne sont pas en prison, pas un seul d'entre eux", s'est-il indigné. La grève sauvage de la mine de platine de Marikana a fait au total 44 morts, dont 34 mineurs grévistes abattus par la police.