Défis dangereux sur les réseaux sociaux : le Momo challenge a "plus d'emprise car il s'appuie sur WhatsApp"

Le Momo challenge inquiète car il peut pousser au suicide. Un député LREM vient d'alerter le ministère de l'Intérieur sur ce phénomène.

Le Momo challenge s\'appuie sur l\'application WhatsApp.
Le Momo challenge s'appuie sur l'application WhatsApp. (ARUN SANKAR / AFP)

"La particularité du Momo challenge est qu'il s'appuie sur WhatsApp", a expliqué sur franceinfo samedi 1er septembre Gerome Billois, expert en cybersécurité au cabinet Wavestone alors que le député LREM des Hauts-de-Seine Gabriel Attal a alerté jeudi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sur ce phénomène. Ce jeu de défis, illustré par un visage de femme terrifiant, est apparu au début du mois de juillet, et il inquiète car il peut pousser au suicide.

Le Momo challenge consiste à entrer dans ses contacts le numéro de "Momo", trouvé sur Internet. Il faut ensuite contacter cette personne sur l'application WhatsApp. Si elle répond, cette personne dont la photo est un visage au sourire inquiétant et aux yeux exorbités vous prouve qu'il connaît votre adresse. "Momo" demande ensuite à sa victime de réaliser des défis pendant 50 jours, en menaçant sa victime de dévoiler des informations personnelles en cas de refus.

Une dizaine de signalements seulement

"On voit les numéros de téléphone de ceux qui font le Momo challenge", détaille Gerome Billois. "Une fois qu'on a ce numéro de téléphone, c'est possible de remonter à l'identité des personnes qui sont derrière", affirme-t-il. Il compare cela à "ce que sont capables de faire les opérateurs de télécoms quand il y a par exemple un dépôt de plainte ou ce genre de choses". Le Momo challenge a donc, selon lui, plus d'emprise parce qu'il a lieu sur WhatsApp, "contrairement à d'autres réseaux sociaux où la confidentialité est peut-être plus forte".

Le ministère de l'Intérieur indique avoir pris connaissance de ce phénomène mais ajoute que la France semble peu concernée. La plateforme de signalement Pharos n'a reçu qu'une dizaine de signalements.