"Dragonfly", nom de code du projet de retour en Chine de Google

Le géant californien n’a jamais renoncé à l’idée de revenir dans l’empire du Milieu dont il est banni depuis huit ans. Il confirme avoir travaillé à une version adaptée à la censure imposée par le régime chinois.

La licence chinoise de Google n\'a pas été renouvelée depuis le 29 juin 2010.
La licence chinoise de Google n'a pas été renouvelée depuis le 29 juin 2010. (FREDERIC J. BROWN / AFP)

Le patron de Google, Sundar Pichai, a reconnu pour la première fois cette semaine aux États-Unis que Google pourrait revenir derrière la grande muraille électronique. Une nouvelle qui remplit de joie les jeunes internautes chinois qui ne sont pas fans du moteur de recherche chinois censuré, Baidu.

Nom de code : Dragonfly

L’opération a été baptisée Dragonfly (libellule). Google a travaillé à une version modifiée de son moteur de recherche qui respecterait  la loi chinoise. Pendant des années, l’entreprise avait refusé de confirmer l’existence d’un tel projet. C’est donc chose faite.  Et la rumeur s’est répandue rapidement chez les jeunes internautes chinois. Mademoiselle Li, étudiante, attend avec impatience, même si ce futur Google chinois sera filtré. "Je pense qu’en tout cas c’est une bonne nouvelle, se réjouit-elle. Google est un moteur de recherche plus large que Baidu. Baidu a beaucoup de censure que je n’aime pas".

Une version "stérilisée" de Google

L’expert chinois Xing Liang craint que Google ne doive faire de grosses concessions pour revenir. "Si Google accepte les conditions du gouvernement, on pourra dire que ce sera un Google stérilisé, équivalent à un deuxième Baidu. Mais on n'a pas besoin d’un deuxième Baidu ! On a besoin d’un Google normal."

Il y a deux points principaux  dans la négociation : Google est obligé d’accepter le système de sanctions de l'État chinois et son serveur doit être physiquement sur le territoire chinois, ça veut dire que le serveur est sous le contrôle de l'État chinois.Xiang Liang, expert chinoisà franceinfo

Le géant américain, qui n’a jamais complètement fermé ses bureaux à Pékin, réfléchit donc sérieusement à revenir, en dépit des critiques des défenseurs des Droits de l’homme qui l'accusent de se rendre ainsi complice de la censure d’État en Chine.