Stéphane Richard nommé directeur général adjoint

L'opérateur a annoncé lundi le remplacement de Louis-Pierre Wenes, numéro deux du groupe, par Stéphane Richard

Stéphane Richard nommé numéro deux de France Télécom.
Stéphane Richard nommé numéro deux de France Télécom. (© AFP - Franck Fife)
L'opérateur a annoncé lundi le remplacement de Louis-Pierre Wenes, numéro deux du groupe, par Stéphane RichardL'opérateur a annoncé lundi le remplacement de Louis-Pierre Wenes, numéro deux du groupe, par Stéphane Richard

Proche de Nicolas Sarkozy, ancien directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde, M. Richard a été désigné pour succéder en 2011 à l'actuel PDG du groupe Didier Lombard.

Il devait d'abord faire le tour des différents métiers mais la vague de suicides de salariés de l'entreprise (24 en 18 mois) a accéléré son ascension.

Didier Lombard et Louis-Pierre Wenes, maîtres d'oeuvre du désendettement et de la mutation commerciale de France Telecom, sont au centre du débat sur le mauvais climat social dans l'entreprise.

Stéphane Richard, appelé à remplacer Didier Lombard

Enarque de 48 ans proche de Nicolas Sarkozy, Stéphane Richard a passé plus de quinze ans dans le privé avant de faire son entrée à France Télécom en septembre, avec mission d'en devenur le futur PDG pour remplacer Didier Lombard en 2011, à l'expiration de son mandat.

Stéphane Richard devait d'abord faire le tour des différents métiers, puis devenir début 2010 directeur général délégué en charge de l'international.

La vague de suicides de salariés dans l'entreprise a accéléré cette transition: appelé à la démission par la gauche et les syndicats, le bras droit de Didier Lombard, Louis-Pierre Wenes, lui a cédé sa place comme directeur général adjoint en charge des opérations France.

"Stéphane Richard est quelqu'un de très constructif et très à l'écoute, il sera dans la continuité de Didier Lombard même s'ils ont des profils très différents", estime Frank Esser, PDG de SFR, opérateur concurrent.

Le départ de Louis-Pierre Wenes


Selon France Télécom, "Louis-Pierre Wenes, actuel directeur général adjoint en charge des opérations France a demandé à Didier Lombard de le décharger de ses responsabilités".

Arrivé en décembre 2002 comme directeur des achats et de l'amélioration de la performance, Louis-Pierre Wenes, 60 ans, a supervisé à partir de septembre 2005 la mise en place du plan "Next", pour moderniser l'opérateur, avant d'être chargé en 2006 des opérations en France et de la transformation du groupe. Depuis février, il était aussi directeur général adjoint.

Stéphane Richard, portrait express

Petit-fils d'un berger des Cévennes, fils d'un ingénieur des Mines, Stéphane Richard naît le 24 août 1961 à Bordeaux.

Diplômé d'HEC puis de l'Ena, cet inspecteur des Finances entre en 1991 au cabinet du socialiste Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Industrie.

Il rejoint ensuite la Compagnie générale des eaux (CGE) avant de diriger la Compagnie générale d'immobilier et de service (CGIS), le pôle immobilier de la CGE, qui deviendra Nexity. Il y côtoie Alain Dinin, actuel PDG du promoteur immobilier, qui vante "ses grandes capacités de synthèse et sa loyauté".

Grâce à une belle opération financière, les deux hommes font fortune. Selon Le Monde, le président Nicolas Sarkozy, son ami depuis 1995, lui lança d'ailleurs en lui remettant la légion d'honneur en 2007: "Toi, tu as fait fortune, la mienne viendra peut-être un jour".

En 2003, Stéphane Richard devient directeur général adjoint de Veolia Environnement, puis directeur général de Connex, devenu Veolia Transport.

En 2007, changement de cap. Cet homme de gauche accepte de quitter le privé pour devenir directeur de cabinet du ministre de l'Economie, Jean-Louis Borloo, très vite remplacé par Christine Lagarde.

Il sera aux premières loges de la crise financière, participant en coulisses à la mise en place du plan de sauvetage des banques, du plan de relance ou encore du fonds stratégique d'investissement (FSI).

"C'est quelqu'un de brillant et de très bien +connecté+ dans la sphère économique et politique", disait-on de lui à Bercy. "Intelligent, avisé, discret, il travaille beaucoup", soulignait une autre source au ministère.

Ce protestant, père de cinq enfants, féru de musique et de marche à pied, écopera, juste avant son arrivée à Bercy, d'un redressement fiscal d'un montant de 660.000 euros.

Son retour dans le monde de l'entreprise n'a pas étonné l'un de ses proches: "il a rejoint le service public parce qu'il avait l'opportunité de faire des réformes, mais sa vocation était plutôt de revenir dans le privé".
(AFP)