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Pour y voir clair dans la guerre de succession à l'UMP

Derrière le duel entre le candidat Fillon et le "presque-candidat" Copé, d'autres ténors du parti tentent d'exister. Mais iront-ils jusqu'au bout ?

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France Télévisions
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Jean-François Copé, François Fillon et Nathalie Kosciusko-Morizet, entre autres, se disputent la présidence de l'UMP. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

"A la recherche des parrainages." C'est la nouvelle expression à la mode à l'UMP, chez ceux qui sont embarqués dans la course à la présidence du parti. Parmi la poignée de personnalités qui "recherchent les parrainages" nécessaires pour devenir un vrai candidat (il faut recueillir 8 000 signatures de militants, soit 3% du nombre total d'encartés), à chacun sa stratégie. Il y a les vrais candidats, qui se sont clairement déclarés, ceux qui le seront à coup sûr mais pas encore officiellement, ceux qui ne le seront vraisemblablement pas mais font mine de l'être, ceux dont personne n'a jamais entendu parler, et ceux qui cachent encore leur jeu. Le tout au détriment d'un débat d'idées pour l'heure inexistant.

• François Fillon : objectif 2017

L'ancien Premier ministre est le premier à avoir officialisé son entrée dans la bataille. Contrairement à son grand rival Jean-François Copé, il voit dans le poste de président de l'UMP un marchepied vers une candidature à la présidentielle 2017. François Fillon peut s'appuyer sur trois ténors du parti : Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez et le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti. Les sondages le donnent ultra-favori auprès des sympathisants de droite, mais il l'est sans doute un peu moins chez les adhérents. Or, seuls ces derniers voteront.

• Jean-François Copé : bientôt candidat

Officiellement, l'actuel secrétaire général de l'UMP n'est pas candidat à sa succession. Mais ce faux suspense ne trompe personne. Même la date de sa déclaration de candidature ne semble pas faire de doute : ce devrait être le week-end du 25 août, à l'occasion d'un rassemblement de son club Génération France, à Maussane-les-Alpilles (Bouches-du-Rhône). Très populaire au sein de l'appareil du parti, Jean-François Copé a multiplié les déplacements ces derniers temps, provoquant la colère de ses adversaires, qui l'accusent de faire campagne sans le dire. Le site officiel de l'UMP fait d'ailleurs mention d'un CPCJFC, auquel les militants peuvent envoyer leur parrainage. Derrière ce sigle barbare, lire : "Comité pour la candidature de Jean-François Copé".

• Le Maire, NKM, Estrosi : tenter d'exister

En arrière-plan du duel qui tient l'affiche, plusieurs seconds rôles tentent de faire entendre leur voix. C'est le moment de se lâcher : il n'y a pas de chef incontesté à la tête du parti et le combat Copé-Fillon, qui ne fera vraiment rage qu'à l'automne, leur laisse encore un peu d'espace médiatique. Ces trois-là ont donc chacun indiqué être "à la recherche des parrainages". Ce qui – subtilité de ce nouveau jargon UMP – ne signifie pas forcément "être candidat". Une distinction que s'emploie par exemple à souligner Bruno Le Maire.

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet et Christian Estrosi, l'objectif est aussi de promouvoir les chapelles qu'ils viennent respectivement de créer : "la France droite" pour NKM et "l'Association des amis de Nicolas Sarkozy", que le député-maire de Nice (Alpes-Maritimes) a cofondée avec Brice Hortefeux. Et de tester leur succès auprès des militants. Les trois outsiders ont un point commun : chacun d'eux raconte à l'envi avoir l'oreille attentive de Nicolas Sarkozy et lui avoir exposé sa démarche. Un argument de campagne ?

• Candidats, mais inconnus

Dominique Dord n'est pas tout à fait un inconnu, puisqu'il est député-maire d'Aix-les-Bains (Savoie) et trésorier de l'UMP. Mais son manque de notoriété nationale pourrait bien lui barrer la route de cette compétition interne. Les 8 000 parrainages doivent en effet provenir de dix départements différents. L'intéressé s'est empressé de demander un assouplissement de la règle des parrainages. Sans succès.

Sur la page de l'UMP répertoriant les différents candidats figurent en revanche deux militants dont vous n'avez sans doute jamais entendu parler : Philippe Herlin, un libéral-conservateur pro-européen qui prône des alliances locales avec le FN, et Dominique Hamdad-Vitré, un militant issu de la fédération de Paris.

• Ceux qui cachent encore leur jeu

Iront, iront pas ? Cataloguée comme pro-Copé (en fait, elle est surtout anti-Fillon), Rachida Dati a évoqué la possible candidature d'un "trio" de femmes issues d'un collectif de 120 élues UMP qui pourrait s'appeler "A droite... toutes !". Xavier Bertrand, lui non plus, n'exclut pas de se présenter sous son propre nom. Il est en tout cas courtisé par les deux principaux prétendants qui se sont entretenus avec lui en fin de semaine dernière. Quant à Henri Guaino, il réfléchirait lui aussi à une candidature. Selon une journaliste du Figaro, il aurait demandé à NKM d'être sa numéro 2.

Autre interrogation qui agite les esprits à l'UMP : le devenir du groupe des "mousquetaires" jadis regroupé autour de Jean-François Copé et de son fidèle lieutenant Christian Jacob. Ayant rejoint François Fillon, Valérie Pécresse n'en fait plus partie. Les velléités de Bruno Le Maire ont achevé de saper la cohésion de ce petit cercle auquel appartiennent aussi François Baroin et Luc Chatel, qui n'ont pas encore pris clairement position. Le dîner qui devait les réunir ce mercredi a été reporté à la rentrée.

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