Les parlementaires UMP ont débattu lundi des priorités des deux dernières années du quinquennat de Nicolas Sarkozy

François Fillon a appelé de ses voeux une loi allant "le plus loin possible sur la voie de l'interdiction générale" du voile intégral, dans son discours devant les parlementaires à la Maison de la Chimie, à Paris.Le Premier ministre veut légiférer sur la base d'une proposition de loi UMP et d'un rapport du Conseil d'Etat qui lui sera remis mardi.

Arrivée de Jean-François Copé au séminaire de travail UMP, le 29 mars 2010, à Paris.
Arrivée de Jean-François Copé au séminaire de travail UMP, le 29 mars 2010, à Paris. (AFP)

François Fillon a appelé de ses voeux une loi allant "le plus loin possible sur la voie de l'interdiction générale" du voile intégral, dans son discours devant les parlementaires à la Maison de la Chimie, à Paris.

Le Premier ministre veut légiférer sur la base d'une proposition de loi UMP et d'un rapport du Conseil d'Etat qui lui sera remis mardi.

Dans cette perspective, le Premier ministre a annoncé qu'il proposerait aux parlementaires d'aller "le plus loin possible sur la voie d'une interdiction générale du voile intégral dans le respect des principes généraux du droit". "Une proposition de résolution recueille le soutien du gouvernement. Je pense que, sur un tel sujet, les républicains devraient être unanimes et donc je vous invite à l'inscrire à l'ordre du jour dans les meilleurs délais", a-t-il dit.

Passé le choc de la défaite aux élections régionales, François Fillon a exhorté la majorité à marcher main dans la main avec le gouvernement jusqu'en 2012 sans dévier du cap des réformes, devant environ 200 des 400 députés, sénateurs et eurodéputés UMP.

Reconstruire
Le Premier ministre a participé à un séminaire de plus de deux heures et demie des parlementaires de l'UMP qui, après avoir "crevé les abcès" lors d'une première réunion mardi dernier, ont sonné l'heure de la "reconstruction politique".

Après avoir entendu les doléances des élus, François Fillon s'est attaché à apaiser le climat dans la majorité et à rasséréner des élus en proie au doute en soulignant la nécessité de revenir aux "fondamentaux" de la droite, qui avaient présidé à la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007. Le chef du gouvernement a également nettement relativisé l'autocritique qui avait prévalu au lendemain de la défaite.

Pour François Fillon, le cap politique de Nicolas Sarkozy est le bon, même si les Français ont manifesté une impatience "parfois violente" face au rythme des réformes "qui n'est pas le même que celui des attentes".

"Nous ne devons pas regretter d'avoir agi vite", a-t-il poursuivi, en réponse aux critiques de nombre d'élus de la majorité sur l'illisibilité de réformes "empilées".

Il a réaffirmé que la réforme des retraites, la réduction des déficits, les mesures de soutien à la reprise, l'emploi, la sécurité et la réforme territoriale seraient les axes de la politique menée. La loi sur la burqa verra le jour, a-t-il assuré, malgré l'avis restrictif du Conseil d'Etat.

François Fillon n'a dit mot du bouclier fiscal, alors que plusieurs élus ont demandé sa suspension durant le séminaire, le temps que les finances publiques soient assainies. Il avait exclu tout retour en arrière dans Le Journal du Dimanche.

Le chef de file des députés UMP a de son côté, Jean-François Copé, a salué "un rendez-vous de reconstruction psychologique et de construction politique".

Face aux fissures qui se font jour au sein de la droite - velléités d'indépendance du Nouveau Centre, lancement d'un parti "villepiniste", appels à des primaires pour 2012...-, il appelé à serrer les rangs autour du chef de l'Etat. "Si 2012 est en ligne de mire (...), nous n'avons pas le droit de prendre le risque de la division", a-t-il lancé.

Nicolas Sarkozy recevra les parlementaires UMP mercredi soir à l'Elysée.

Copé se défend de vouloir faire pression sur l'exécutif
Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean-François Copé, qui entend avant tout être au centre de l'échiquier, calme, lui, le
jeu sur son "nouveau pacte majoritaire", n'y voyant que des différences lexicales avec l'exécutif.

"S'ils ne veulent pas que ça s'appelle nouveau pacte majoritaire, pas de problème. Mais c'est juste du bon sens que de mettre sur le papier une feuille de route pour que ces deux ans soient utiles. C'est ce que nous faisons", a-t-il confié lundi à des journalistes.