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Le conflit du Sahara s'invite au Médoc, avec les migrants de la crise

Des travailleurs Sahraouis et des Marocains d'origine, employés aux vendanges dans le Médoc, se battent à propos de l'indépendance du Sahara occidental. 

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France Télévisions
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Les gendarmes discutent avec les travailleurs Sahraouis, le 5 octobre à Pauillac (Gironde). La veille, ces derniers s'étaient battus avec des travailleurs locaux d'origine marocaine, dans les rues du village.  (NICOLAS TUCAT / AFP)

FAITS DIVERS - Le conflit du Sahara s'invite dans la petite ville de Pauillac (Gironde), en plein Médoc de Grands crus. Et le sous-préfet a dû sévir, en séparant les saisonniers sahraouis et locaux d'origine marocaine, qui se sont affrontés mercredi et jeudi 4 octobre à coup de pierres et de bâtons. Cinq personnes ont été légèrement blessées mais le bilan aurait pu être pire sans l'intervention des gendarmes. L'intervention a même fini en course-poursuite dans les rues de Pauillac, ajoutent nos confrères de France 3 Aquitaine.

Le tee-shirt porté par un travailleur sahraoui serait à l'origine de ces rixes. Une mention "Sahara libre" aurait ainsi déclenché la colère des Marocains d'origine. Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole annexée en 1975 par le Maroc, mais le Front Polisario y réclame l'autodétermination. "C'est politique, c'est purement politique. Ils nous criaient 'vous êtes à nous (au Maroc)' !", a expliqué un saisonnier sahraoui, Mohamed el-Bachir. 

Le maire du village dénonce le dumping social

Le maire du village, Sébastien Hornau, dénonce le "dumping social" auquel se livrent "certains prestataires de services viticoles moins scrupuleux que d'autres, avec l'accord tacite de quelques châteaux", qui sous-paient cette main d'oeuvre désespérée. Il ajoute aussi que le nombre de migrants a enflé cette année, créant une tension sur le marché local du travail. "On en voit qui crèvent la dalle. Qui viennent de faire 3 000 kilomètres et ne sont même pas sûrs de bosser", explique encore un commerçant établi de Pauillac.

Le sous-préfet du Médoc a dû organiser une réunion de crise, vendredi, pour "éloigner les protagonistes". Les Sahraouis, consentants, ont donc été "relogés temporairement" par un camping de Montalivet, à quelque 30 kilomètres, où ils resteront le temps des vendanges.

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